Vaccin ARN contre le mélanome : l'intismeran réussit sa phase 3
Moderna et Merck annoncent que leur vaccin ARN personnalisé, l'intismeran, associé à Keytruda, a atteint son objectif dans un essai de phase 3 sur le mélanome.
C'est une première pour un vaccin anticancéreux à ARN messager : dans un essai de phase 3, la dernière étape avant une demande d'autorisation, il a fait mieux que le traitement de référence seul. Les laboratoires Moderna et Merck ont annoncé le 19 août 2026 que l'intismeran autogene, un traitement personnalisé fabriqué pour chaque patient, a atteint ses objectifs dans le mélanome à haut risque.
Comment ça fonctionne
Le mélanome est un cancer de la peau agressif. Après l'opération, un risque de récidive demeure, et un traitement dit adjuvant cherche à l'éviter. Ici, la tumeur de chaque patient est analysée pour repérer ses « néoantigènes », de petites anomalies propres à ses cellules cancéreuses. Un ARN messager synthétique, codant jusqu'à 34 néoantigènes, est ensuite fabriqué sur mesure. Il apprend au système immunitaire à reconnaître la tumeur.
Ce vaccin est administré avec le pembrolizumab (Keytruda), un médicament d'immunothérapie qui lève les freins du système immunitaire.
Ce que l'essai a montré
L'essai INTerpath-001 a inclus 1 137 patients opérés d'un mélanome cutané de stade IIB à IV. Ils ont reçu, dans un rapport de 2 contre 1, l'intismeran plus pembrolizumab ou le pembrolizumab seul, pendant environ un an. Le critère principal, la survie sans récidive, et un critère secondaire clé, la survie sans métastase à distance, sont atteints lors d'une analyse intermédiaire prévue. Selon les deux entreprises, aucun nouveau signal de sécurité n'a été observé.
Les limites à garder en tête
Il s'agit d'un communiqué d'entreprise : les chiffres détaillés n'ont pas encore été publiés. Ils seront présentés lors d'un prochain congrès médical international et transmis aux autorités de santé. L'effet sur la survie globale reste à évaluer, l'étude se poursuivant. Aucune autorisation n'a été accordée à ce jour.
Pourquoi c'est important
Selon Merck et Moderna, c'est le premier résultat positif de phase 3 pour une thérapie individualisée à néoantigènes et pour une thérapie anticancéreuse à ARN. L'intismeran fait partie d'un programme de neuf essais, dans plusieurs types de cancers. Pour les pharmaciens, c'est un signal : la médecine personnalisée à ARN, popularisée par les vaccins contre la Covid-19, s'étend à la cancérologie. Nous n'avons pas trouvé d'information sur sa disponibilité au Maroc.