Test sanguin traumatisme crânien : des seuils pour juger la gravité
Des chercheurs de Pittsburgh ont défini des seuils sanguins de GFAP et UCH-L1 pour repérer une lésion cérébrale après un choc à la tête, en 15 minutes.
Après un choc à la tête, comment savoir si le cerveau est réellement touché ? Des chercheurs de l'Université de Pittsburgh, aux États-Unis, ont défini des seuils pour deux protéines mesurables dans le sang, qui aident à distinguer les patients avec une vraie lésion de ceux sans atteinte. L'étude est publiée dans le Journal of Neurosurgery.
Le problème : un scanner normal ne suffit pas toujours
Aux urgences, un traumatisme crânien léger conduit en général à un scanner (examen par rayons X du cerveau). Or un scanner normal n'exclut pas tout. Selon l'auteur principal, Shawn Eagle, environ un patient sur quatre dont le scanner est négatif présente pourtant une anomalie visible à l'IRM, un examen plus sensible mais plus long et plus coûteux. Ces patients rentrent chez eux alors qu'ils auraient besoin d'un suivi spécialisé.
Deux protéines comme signal d'alerte
Les deux marqueurs étudiés sont libérés dans le sang quand le cerveau est abîmé :
• la GFAP (protéine acide fibrillaire gliale), libérée par les cellules de soutien du cerveau, les cellules gliales ; • l'UCH-L1 (ubiquitine C-terminal hydrolase L1), libérée par les neurones.
Dans cette étude, la GFAP distingue bien les patients avec une lésion cérébrale aiguë de ceux sans signe de lésion à l'imagerie. L'UCH-L1 a montré une moindre capacité à séparer ces groupes.
Un résultat en 15 minutes
Un test de ce type peut être réalisé au chevet du patient et donner un résultat en environ 15 minutes. Il pourrait aider à décider qui doit passer une IRM ou bénéficier d'un suivi renforcé, et éviter des examens lourds chez les autres.
Stade et limites
Il s'agit d'une étude clinique qui précise comment interpréter ces dosages : elle ne remplace ni l'examen du médecin ni l'imagerie. Les communiqués consultés ne détaillent pas les valeurs exactes des seuils retenus, que nous ne reprenons donc pas. Les tests sanguins de ce type existent déjà dans certains pays, mais nous n'avons pas trouvé d'information vérifiée sur leur disponibilité au Maroc.
Pour le grand public, le message de prudence reste le même : après un choc à la tête, des maux de tête persistants, des vomissements, une confusion, une somnolence inhabituelle ou une perte de connaissance imposent une consultation en urgence, quel que soit le progrès des tests.