Sécurité des patients au Maroc : le pharmacien en première ligne
La FIP appelle à reconnaître le pharmacien comme garant de la sécurité du médicament. Avec la loi 27-26, le Maroc a déjà posé les bases d'une pharmacovigilance renforcée.
Le 1er septembre 2026, la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) a publié une déclaration de politique qui place les pharmaciens au cœur de la sécurité des patients et du médicament. Le texte, qui remplace celui de 2020, s'appuie sur l'initiative de l'OMS « Le médicament sans danger » et sur le Plan d'action mondial pour la sécurité des patients 2021-2030.
La FIP voit dans l'ordonnance électronique, les outils d'aide à la décision et l'intelligence artificielle de puissants alliés, à condition qu'ils complètent le jugement du pharmacien sans le remplacer. Un exemple britannique récent en montre l'intérêt : après un accident lié à l'association de plusieurs médicaments sédatifs, un cabinet médical a instauré une revue systématique de toute co-prescription associant opioïde, benzodiazépine et gabapentinoïde. C'est exactement le type d'analyse que le pharmacien peut assurer au comptoir.
Et au Maroc ?
Le Maroc avance dans la bonne direction. La loi 27-26, qui modifie le code du médicament et de la pharmacie, a été adoptée au Parlement en juin 2026. Elle structure un système national de pharmacovigilance, rend obligatoire la désignation d'un pharmacien chargé de la pharmacovigilance dans les établissements pharmaceutiques et renforce le rôle de l'inspection de l'AMMPS.
Le numérique suit : la feuille de soins électronique, avec une ordonnance lisible par QR code, a été lancée en phase pilote à Kénitra au printemps 2026 avant son extension progressive. Une ordonnance lisible, c'est une analyse pharmaceutique plus sûre.
Le Maroc a les capacités de l'intégrer
La base légale est posée, les outils numériques arrivent. Les prochaines étapes sont claires : les textes d'application de la loi, l'intégration d'alertes d'interactions dans les logiciels d'officine, et la formation continue des pharmaciens à l'analyse d'ordonnance.
À la clé : moins d'erreurs, un meilleur repérage des associations dangereuses et une détection plus rapide des effets indésirables, que chacun peut d'ailleurs signaler à son pharmacien ou à l'AMMPS.
Sources
- FIP — Statement of Policy on patient and medication safety (01/09/2026)
- The Pharmaceutical Journal — Medicines management policy for high-risk drugs introduced by GP practice (21/09/2026)
- L'Observateur — Sécurité des médicaments : le Parlement valide une réforme stratégique (23/06/2026)
- Finances News Hebdo — Réglementation pharmaceutique : la pharmacovigilance au cœur de la réforme (18/05/2026)
- Le360 — La feuille de soins électronique amorce la fin du tout-papier