Santé et climat : l'OMS passe en revue les plans climat de 140 pays
Dix ans après l'Accord de Paris, un rapport de l'OMS du 19 octobre 2026 montre que 91 % des pays citent la santé dans leurs plans climat, mais peu la chiffrent.
Le 19 octobre 2026, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport qui fait le point, dix ans après l'Accord de Paris sur le climat, sur la place de la santé dans les engagements climatiques des pays. Le constat : la santé est presque partout mentionnée, mais rarement traduite en objectifs précis et en budgets.
De quoi parle-t-on ?
Chaque pays signataire de l'Accord de Paris remet à l'ONU un plan climat national, appelé « contribution déterminée au niveau national » (CDN, ou NDC en anglais). Il y indique comment il compte réduire ses émissions de gaz à effet de serre et s'adapter aux effets du réchauffement. Les pays en sont à leur troisième génération de plans. L'OMS a analysé 114 documents, qui représentent 140 « Parties » (pays ou ensembles de pays comme l'Union européenne).
Les chiffres clés
• 91 % des Parties mentionnent la santé dans leur plan climat ; • 59 % identifient des bénéfices pour la santé liés à la réduction des émissions, par exemple un air plus pur ; • 55 % prévoient des actions ou des objectifs de santé pour s'adapter au changement climatique (vagues de chaleur, maladies sensibles au climat…) ; • 11 % seulement incluent des mesures pour réduire les émissions du secteur de la santé lui-même ; • 23 % estiment les ressources nécessaires pour ces actions de santé.
Ce que recommande l'OMS
L'organisation invite les pays à aller au-delà des mentions générales. Elle demande des engagements plus précis et fondés sur des preuves, une meilleure mesure des gains de santé attendus des politiques climatiques, une plus grande clarté sur le financement, et une intégration de la santé dans l'ensemble des politiques, et pas seulement dans les programmes de santé.
Pourquoi c'est important
Le climat touche directement la santé : chaleur extrême, qualité de l'air, maladies liées à l'eau ou aux insectes. Un plan climat qui prévoit des moyens pour la santé permet de mieux préparer les hôpitaux, les centres de soins et les professionnels, dont les pharmaciens, qui sont souvent le premier contact des patients. Le chiffre le plus faible du rapport, 23 %, montre que le financement reste le point à améliorer.
Le rapport porte sur l'ensemble des pays : il ne détaille pas ici la situation du Maroc, et nous n'avons donc pas d'élément vérifié à son sujet. Les pays peuvent s'appuyer sur ses recommandations pour renforcer leurs prochains engagements climatiques en faveur de la santé.