Safiglipron : un GLP-1 oral égale la dapagliflozine dans le diabète
Le safiglipron, un comprimé GLP-1 du laboratoire chinois Hengrui, fait au moins aussi bien que la dapagliflozine dans le diabète de type 2 (essai de phase 3).
Un comprimé de la famille des GLP-1, la classe des médicaments « anti-diabète et anti-obésité » devenue très connue, vient de passer avec succès deux essais de phase 3 dans le diabète de type 2. Il s'appelle safiglipron (code HRS-7535) et il est développé par le laboratoire chinois Jiangsu Hengrui. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Medicine fin septembre et début octobre 2026.
Un GLP-1 sans injection
Les GLP-1 imitent une hormone digestive qui stimule la sécrétion d'insuline quand la glycémie est élevée, ralentit la vidange de l'estomac et réduit l'appétit. La plupart sont des peptides injectables. Le safiglipron est une petite molécule : elle se prend par la bouche, en un comprimé par jour, ce qui pourrait simplifier le traitement.
Deux essais, deux comparaisons
Dans l'essai OUTSTAND-2, 810 adultes dont le diabète n'était pas bien contrôlé sous metformine ont reçu pendant 32 semaines 30, 60 ou 90 mg de safiglipron, ou 10 mg de dapagliflozine, un médicament oral de référence. Selon les données publiées, la baisse de l'hémoglobine glyquée (HbA1c, le marqueur du taux moyen de sucre dans le sang) a été plus importante avec le safiglipron :
• 0,30 point de plus avec 30 mg ; • 0,22 point de plus avec 60 mg ; • 0,40 point de plus avec 90 mg.
Le laboratoire rapporte des baisses de 1,50 à 1,68 % selon la dose, contre 1,28 % pour la dapagliflozine.
Dans l'essai OUTSTAND-1, 284 adultes atteints d'un diabète récent, traités par le seul régime et l'activité physique, ont reçu le safiglipron ou un placebo. L'HbA1c a baissé d'environ 1,2 à 1,45 point de plus qu'avec le placebo, avec une perte de poids qui devient significative aux doses de 60 et 90 mg.
Tolérance : les troubles digestifs
Comme pour les autres GLP-1, les troubles digestifs sont l'effet indésirable principal. Dans OUTSTAND-1, ils ont touché 44,3 %, 60,0 % et 73,6 % des patients selon la dose, contre 15,3 % sous placebo, le plus souvent légers à modérés et en début de traitement. Dans OUTSTAND-2, 3,9 à 4,0 % des patients sous safiglipron ont arrêté pour effet indésirable, contre 1,5 % sous dapagliflozine.
Où en est-on ?
Le médicament n'est pas encore autorisé. Une demande de mise sur le marché a été acceptée par l'agence chinoise NMPA, d'après le laboratoire. Les essais ont été menés en Chine et ne durent que 32 semaines : la sécurité à long terme et l'effet sur les complications cardiovasculaires restent à démontrer. À notre connaissance, aucune demande n'a été annoncée au Maroc.