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Économie

Prix des médicaments au Maroc : jusqu'à -70 % avec le nouveau décret

Le décret 2-25-631 modernise la fixation des prix des médicaments au Maroc : environ 300 baisses de 10 à 70 % annoncées et un filet anti-pénurie.

Prix des médicaments au Maroc : jusqu'à -70 % avec le nouveau décret
Freepius — CC0, via Wikimedia Commons

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans l'accessibilité des médicaments. Le décret n° 2-25-631 du 23 juillet 2026, publié au Bulletin officiel n° 7532 du 6 août 2026, modernise en profondeur le décret 2-13-852 de 2013 qui encadre le prix public de vente. Le texte a été adopté après avis de l'AMMPS, du Conseil de la concurrence et de la Haute autorité de santé, gage d'une réforme concertée entre les institutions.

Première avancée : pour les médicaments importés, la majoration autorisée au titre des frais d'approche et des droits de douane est ramenée à 2,5 % du prix fabricant (contre 10 % auparavant, selon la presse). Deuxième avancée : les princeps seront révisés tous les trois ans en se référant aux prix pratiqués dans des pays de référence. Au-delà de 300 dirhams de prix fabricant, c'est le prix le plus bas de ces pays qui s'appliquera ; en dessous, la moyenne. Les génériques et biosimilaires suivront la baisse du princeps, dans la limite de 15 %, et ne pourront jamais être plus chers que lui.

Le décret prévoit aussi deux outils nouveaux : des conventions de remise pour les médicaments à fort impact budgétaire, et des prix dérogatoires temporaires en cas d'urgence sanitaire ou de pénurie grave. Tous les médicaments déjà commercialisés seront revus par arrêté dans les douze mois.

Selon la presse, une première liste d'environ 300 médicaments a déjà été validée, avec des baisses de 10 % à 70 %. Sa publication est attendue.

Une méthode qui a fait ses preuves

Comparer ses prix à ceux d'autres pays est une pratique courante : l'Espagne révise ainsi chaque année les prix de référence de milliers de présentations, et même les États-Unis, longtemps sans régulation, négocient désormais directement le prix de certains médicaments coûteux pour leur assurance publique Medicare. Le Maroc s'inscrit dans ce mouvement, avec une règle claire et prévisible.

Le dialogue avec les pharmaciens, clé de la réussite

La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a exprimé ses attentes : la marge de l'officine étant proportionnelle au prix, la profession souhaite être associée aux prochaines étapes. C'est une opportunité : la réforme gagnera en efficacité si elle s'accompagne d'un modèle économique solide pour les pharmacies, que le Conseil de la concurrence propose justement de faire évoluer vers une rémunération mixte incluant des honoraires.

Le bénéfice sera direct à la caisse : le patient qui paie de sa poche verra le prix baisser, et l'assuré à l'AMO, qui supporte généralement 30 % du tarif de référence (moins pour les affections de longue durée), verra son reste à charge diminuer dans la même proportion. Pour les traitements coûteux, alignés sur le prix le plus bas des pays de référence, l'économie peut être importante. Et si un médicament venait à manquer, les prix dérogatoires prévus par le décret permettront de garantir son approvisionnement.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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