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Profession

Pharmacie de premier recours : une chance pour l'officine au Maroc

En Angleterre, les pharmaciens soignent sept affections courantes. Avec plus de 14 000 officines, le Maroc dispose d'un réseau idéal pour développer ce modèle de proximité.

Pharmacie de premier recours : une chance pour l'officine au Maroc
Bernhard Holub — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Partout dans le monde, la pharmacie d'officine devient une porte d'entrée du système de soins. Au Royaume-Uni, le service « Pharmacy First », lancé en janvier 2024, permet à plus de 10 000 pharmacies anglaises de prendre en charge sept affections courantes : sinusite, mal de gorge, otite de l'enfant, piqûre d'insecte infectée, impétigo, zona et infection urinaire non compliquée de la femme. Le pharmacien suit des protocoles cliniques, peut délivrer certains traitements et il est rémunéré pour chaque consultation.

Le modèle séduit : fin septembre 2026, des responsables politiques britanniques ont proposé de l'étendre encore. Au même moment, la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) annonçait un nouveau prix international récompensant les initiatives d'officine en matière d'autosoin, qui sera remis pour la première fois en 2027.

Et au Maroc ?

Le Maroc dispose d'un atout majeur : son réseau. Selon un avis du Conseil de la concurrence publié en mars 2026, le pays comptait 14 134 officines en 2024, soit environ une pharmacie pour 2 600 habitants. Le pharmacien est souvent le professionnel de santé le plus accessible, sans rendez-vous et près de chez soi.

La réflexion est déjà engagée. Le Conseil de la concurrence recommande de faire évoluer la rémunération des pharmaciens vers un modèle mixte, associant la marge sur le médicament et des honoraires qui valorisent l'acte pharmaceutique. De son côté, la profession a formulé des propositions pour élargir les missions du pharmacien, comme le renouvellement de traitement ou la prise en charge de pathologies courantes.

Le Maroc a les capacités de l'intégrer

Le maillage existe, les compétences aussi : les pharmaciens marocains sont formés pour conseiller et orienter. Pour aller plus loin, il faudra un cadre légal adapté, des protocoles validés par les autorités sanitaires, un mode de rémunération pris en charge par l'AMO, et des outils de traçabilité comme la feuille de soins électronique, déjà en cours de déploiement.

Le bénéfice serait double : pour une affection bénigne, chacun pourrait être pris en charge rapidement et près de chez lui, y compris là où les médecins sont peu nombreux, et un protocole encadré par un professionnel remplacerait avantageusement l'automédication sans conseil, notamment pour les antibiotiques. La pharmacie de premier recours est une opportunité pour les patients comme pour la profession.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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