Onchocercose : un record de 180 millions de personnes traitées en 2025
Selon l'OMS, 180,3 millions de personnes ont été traitées en 2025 contre l'onchocercose, la « cécité des rivières » : un record, mais des zones restent à la traîne.
Jamais autant de personnes n'ont été traitées contre l'onchocercose en une seule année. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 9 octobre 2026, dans son Relevé épidémiologique hebdomadaire, un bilan 2025-2026 : 180,3 millions de personnes ont reçu un traitement préventif en 2025, soit 70,5 % des 255,7 millions qui en avaient besoin.
Une maladie qui rend aveugle
L'onchocercose, aussi appelée « cécité des rivières », est une maladie parasitaire transmise par les piqûres de petites mouches noires (les simulies) qui vivent près des cours d'eau rapides. Le parasite, un ver minuscule, provoque de fortes démangeaisons, des lésions de la peau et, avec les années, des atteintes des yeux pouvant conduire à la cécité. Elle touche surtout des régions rurales d'Afrique et le Yémen.
La stratégie repose sur l'administration de masse de médicaments : tous les habitants des zones concernées reçoivent, à intervalles réguliers, un comprimé, le plus souvent d'ivermectine, ce qui réduit le parasite et la transmission.
Les chiffres du bilan
Selon le rapport de l'OMS :
• 1 665 « unités de mise en œuvre » (des districts ou zones d'intervention) devaient mener une distribution de masse en 2025, et 1 350 (81,1 %) l'ont fait ; • parmi elles, 92,6 % ont atteint une couverture jugée efficace ; • 310 unités ont pu arrêter les distributions après avoir atteint l'objectif d'élimination ; • 38 millions de personnes vivent dans des zones en phase de surveillance après traitement, dont 28 millions au Nigeria.
Des zones encore à la traîne
Le tableau reste contrasté. La couverture géographique est faible au Cameroun (17,1 %), au Togo (21,9 %) et au Yémen (24,4 %), notamment à cause de perturbations du financement qui ont gêné la planification et la distribution des traitements.
Pourquoi c'est important
L'onchocercose fait partie des maladies tropicales négligées, c'est-à-dire des maladies qui touchent des populations pauvres et reçoivent peu d'investissements. Ce bilan montre qu'un médicament simple, distribué à grande échelle, permet d'avancer vers l'élimination, mais que cette réussite dépend d'un financement continu. Pour les professionnels de santé, c'est aussi un exemple de l'impact de programmes de santé publique fondés sur le don et la distribution de médicaments.