Mini-robots magnétiques : des antibiotiques livrés au cœur
Des ingénieurs de Johns Hopkins ont conçu deux mini-robots magnétiques pour livrer des antibiotiques dans un cœur infecté. Le stade reste celui du laboratoire.
Des ingénieurs de l'université Johns Hopkins (États-Unis) ont mis au point de minuscules robots, de la taille d'une pointe de crayon, capables de transporter un médicament jusqu'à un tissu cardiaque infecté. Leurs travaux, dirigés par Axel Krieger, ont été publiés le 13 octobre 2026 dans la revue Advanced Materials Technologies.
La maladie visée
La cible est l'endocardite, une infection de la paroi interne du cœur et de ses valves. Elle touche environ 50 000 personnes par an aux États-Unis, selon la présentation de l'étude. Aujourd'hui, elle se traite généralement par des antibiotiques administrés en perfusion pendant quatre à six semaines, car le médicament a du mal à atteindre durablement la zone infectée.
Comment ça marche
Le système repose sur deux robots qui travaillent ensemble :
• un module à aiguille, qui joue le rôle de station d'accueil et s'accroche au tissu infecté ; • un module médicament, qui transporte l'antibiotique, s'amarre magnétiquement à la station et le libère lentement sur place.
Ces robots n'ont ni batterie ni moteur. Ils sont guidés à distance par un système de bobines électromagnétiques, une technologie voisine de celle d'une IRM, l'appareil d'imagerie médicale par aimant.
Où en est-on
Les essais ont été menés sur des modèles de cœur artificiels (appelés « fantômes ») et sur du tissu cardiaque de porc. Les robots ont progressé de manière fluide et autonome, même contre un flux sanguin simulé. Selon les auteurs, un traitement pourrait durer quelques heures au lieu de plusieurs semaines : c'est une perspective, non un résultat démontré chez l'être humain.
Le dispositif n'a pas été testé chez l'humain. La prochaine étape consiste à l'essayer sur des cœurs artificiels plus réalistes, qui reproduisent la contraction et les battements du muscle. De nombreuses étapes (sécurité, essais sur l'animal vivant, essais cliniques) restent à franchir avant toute utilisation en médecine.
Les chercheurs imaginent aussi, à plus long terme, d'autres applications, par exemple le traitement de cancers ou d'autres zones difficiles d'accès. Pour les pharmaciens, c'est un signal de l'évolution de l'administration ciblée des médicaments, mais aucune disponibilité n'est envisageable à court terme, au Maroc comme ailleurs.