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Économie

Médicaments au Maroc : le déficit commercial vers 13,4 MMDH en 2030

Selon BMI, filiale de Fitch Solutions, le marché marocain du médicament atteindrait 46,3 milliards de DH en 2030, mais les importations creusent le déficit.

Médicaments au Maroc : le déficit commercial vers 13,4 MMDH en 2030
Niels Johannes — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le marché marocain du médicament change d'échelle. Dans une note publiée début septembre 2026 et reprise par la presse économique, le cabinet BMI, filiale de Fitch Solutions, projette une croissance soutenue des ventes jusqu'en 2030. Revers de la médaille : les importations progressent bien plus vite que les exportations, et le déficit commercial du secteur pourrait atteindre 13,4 milliards de dirhams à cet horizon.

Un déficit qui s'est creusé en 2025

Les chiffres de 2025 cités par BMI résument la situation :

• exportations pharmaceutiques : 1,6 milliard de dirhams, en hausse de 1,2 % ; • importations : 11,9 milliards de dirhams, en hausse de 17,4 % ; • déficit commercial : 10,3 milliards de dirhams, contre 9,2 milliards un an plus tôt.

La tendance se poursuit en 2026 : selon Le360, les importations ont atteint 8,59 milliards de dirhams à fin juillet, soit 14,8 % de plus que sur la même période de l'année précédente.

Un marché en forte croissance

Cette pression sur la balance commerciale traduit aussi une bonne nouvelle : les Marocains ont davantage accès aux traitements. BMI estime que les ventes de médicaments passeront de 35,8 milliards de dirhams en 2025 à 38,6 milliards en 2026, soit une progression de 7,8 %. Elles atteindraient 46,3 milliards de dirhams en 2030, avec une croissance annuelle moyenne de 5,3 % sur la période.

Les génériques tireront une part importante de cette dynamique. Leurs ventes sont projetées à 20,7 milliards de dirhams en 2030, avec une hausse annuelle moyenne de 6,3 %. Pour l'officine, c'est la confirmation que le générique restera un pilier de l'activité et du conseil au comptoir.

Des choix publics qui soutiennent la demande

Plusieurs décisions récentes expliquent l'appel d'air sur les importations, selon l'analyse relayée par la presse. Les droits de douane sur 112 médicaments essentiels ont été ramenés de 30 % à 2,5 %, ce qui rend les produits importés plus accessibles. Le budget de la santé pour 2026, d'environ 42 milliards de dirhams, est en hausse de 30 %. Ces mesures élargissent l'accès aux soins, mais elles profitent mécaniquement aux produits fabriqués à l'étranger.

En parallèle, le cadre réglementaire se modernise : la presse rappelle l'adoption en juin par la Chambre des conseillers du projet de loi n° 27-26, qui renforce les prérogatives de régulation dans le secteur du médicament.

Une opportunité pour la production nationale

L'écart entre une demande en hausse et des exportations quasi stables dessine un défi, mais aussi un gisement. Chaque point de marché gagné par la fabrication locale, notamment sur les génériques et les produits aujourd'hui importés, réduirait la dépendance extérieure et renforcerait la sécurité d'approvisionnement des officines. Les projections de BMI restent des estimations : leur trajectoire dépendra des investissements industriels et des politiques publiques des prochaines années.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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