Médicaments importés au Maroc : l'AMMPS et la Douane s'allient
L'AMMPS et la Douane ont signé le 23 octobre 2026 une convention : des pharmaciens inspecteurs seront affectés aux frontières pour contrôler les médicaments.
Les médicaments qui entrent au Maroc seront mieux contrôlés dès la frontière. Le 23 octobre 2026, à Rabat, l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) et l'Administration des douanes et impôts indirects (ADII) ont signé une convention-cadre de partenariat. Elle vise à coordonner leurs actions sur les produits de santé importés.
L'AMMPS est l'autorité qui autorise et surveille les médicaments et les dispositifs médicaux (seringues, pansements, appareils…) vendus dans le pays. La Douane, elle, contrôle les marchandises à l'entrée du territoire. Jusqu'ici, chacune intervenait de son côté ; la convention veut mutualiser leurs compétences.
Trois chantiers annoncés
Le texte a été signé par le Pr Samir Ahid, directeur général de l'AMMPS, et Mohammed Ezzahaoui, directeur général de l'ADII. Selon la presse spécialisée, trois chantiers sont prévus :
• le développement d'échanges informatisés de données entre les deux administrations, pour que les informations sur un lot importé circulent sans papier ni délai inutile ; • la simplification des formalités pour les opérateurs pharmaceutiques (laboratoires, importateurs, grossistes-répartiteurs) ; • l'affectation progressive de pharmaciens inspecteurs de l'AMMPS aux postes frontières, aux côtés des agents des douanes.
L'objectif affiché est de vérifier la conformité réglementaire des produits importés et de mieux protéger les consommateurs.
Ce que cela peut changer pour les professionnels
Un pharmacien inspecteur sait lire une autorisation de mise sur le marché (AMM, le permis qui autorise la vente d'un médicament), repérer un étiquetage non conforme ou un produit qui n'a pas le droit d'entrer. Sa présence au poste frontière permet d'arrêter un lot douteux avant qu'il n'atteigne le circuit de distribution, plutôt que de le rappeler une fois les boîtes en pharmacie.
Pour les opérateurs sérieux, l'échange de données et la simplification des formalités peuvent aussi raccourcir les délais de dédouanement, un point sensible quand un médicament risque la rupture de stock.
Ces contrôles s'inscrivent dans un contexte plus large de lutte contre les médicaments falsifiés, c'est-à-dire des produits qui imitent un vrai médicament sans en avoir la qualité. L'OMS et INTERPOL ont d'ailleurs signé un accord de coopération sur ce sujet le 16 octobre.
Ce qui reste à préciser
Les communiqués ne disent pas à quels postes frontières les premiers inspecteurs seront affectés, ni selon quel calendrier, ni combien de pharmaciens seront concernés. Le texte est une convention-cadre : son efficacité dépendra des moyens humains et des outils informatiques réellement mis en place. La rédaction suivra les précisions que l'AMMPS et l'ADII apporteront.