Maladies chroniques : l'OMS publie son état des inégalités mondiales
L'OMS publie le premier bilan des inégalités face au cancer, au diabète et aux maladies du cœur et des poumons, selon le revenu, le sexe, l'âge ou le lieu de vie.
Qui est le plus touché par le cancer, le diabète, les maladies du cœur ou les maladies respiratoires chroniques, et qui est le moins bien soigné ? L'Organisation mondiale de la santé (OMS), agence de l'ONU chargée de la santé publique, répond avec « State of inequality: noncommunicable diseases and their risk factors », un rapport de 185 pages mis en ligne le 20 octobre 2026. Elle le présente comme la première évaluation mondiale aussi complète des inégalités à l'intérieur des pays.
Ce que le rapport mesure
Les maladies non transmissibles (MNT) sont les maladies qui ne se transmettent pas d'une personne à l'autre et durent longtemps. Le rapport en retient quatre : cancers, maladies cardiovasculaires, diabète et maladies respiratoires chroniques. Il examine aussi cinq facteurs de risque : tabac, alcool, obésité et mauvaise alimentation, manque d'activité physique et pollution de l'air.
L'analyse repose sur neuf jeux de données couvrant plusieurs pays et 35 indicateurs. Les écarts sont étudiés selon jusqu'à huit critères, dont le sexe, l'âge, le niveau économique, l'éducation et le lieu de résidence.
Les constats
L'OMS parle d'inégalités « substantielles » dans la fréquence des maladies, l'exposition aux risques et l'accès à la prévention et aux soins. Trois exemples sont cités :
• un dépistage du cancer moins répandu dans les populations défavorisées ; • des écarts dans le diagnostic et le traitement de l'hypertension artérielle ; • une exposition plus forte à la pollution de l'air dans les foyers chez les groupes vulnérables.
Une note de synthèse publiée le même jour, « The hidden inequalities behind noncommunicable diseases », ajoute que le désavantage social et économique accroît l'exposition au tabac, à une alimentation déséquilibrée et à la pollution, tout en limitant l'accès aux services de santé. Elle cite aussi l'emploi, le handicap et le parcours migratoire parmi les critères d'inégalité.
Trois priorités d'action
L'OMS recommande aux pays :
• de développer les interventions dont l'efficacité contre ces inégalités est prouvée ; • d'utiliser des données ventilées par groupe pour orienter les moyens vers les populations qui en ont le plus besoin ; • de mesurer les inégalités de façon régulière pour suivre les progrès.
Les chiffres détaillés par pays figurent dans le rapport complet, que nous n'avons pas pu reprendre ici. Une présentation en ligne est prévue le 22 octobre. Pour les pharmaciens, en contact régulier avec des patients hypertendus ou diabétiques, le message rejoint leur rôle de proximité : le dépistage et le suivi ne servent que s'ils atteignent aussi ceux qui consultent le moins.