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Science

Huile de poisson et cerveau : un essai de 2 ans ne montre aucun effet

Des gélules d'huile de poisson riches en DHA atteignent bien le cerveau, mais n'améliorent ni la mémoire ni la taille de l'hippocampe, selon un essai de 2 ans.

Huile de poisson et cerveau : un essai de 2 ans ne montre aucun effet
Oddman47 — CC0, via Wikimedia Commons

Les compléments d'huile de poisson sont souvent achetés pour « protéger le cerveau ». Un essai clinique mené pendant deux ans par Keck Medicine de l'Université de Californie du Sud (USC), aux États-Unis, conclut qu'ils ne le font pas. Les résultats sont publiés dans la revue eBioMedicine, en octobre 2026.

Un essai rigoureux

L'étude a suivi 365 adultes de 55 à 80 ans, qui mangeaient rarement du poisson et avaient un risque élevé de maladie d'Alzheimer. Parmi eux, 47 % portaient le variant APOE4 d'un gène, un facteur de risque connu de cette maladie. Il s'agit d'un essai randomisé, en double aveugle et contre placebo : le hasard décide qui reçoit le produit ou le placebo, et ni les participants ni les médecins ne savent qui prend quoi. C'est la méthode la plus fiable pour juger d'un traitement.

Les participants ont reçu chaque jour un complément apportant 2 000 mg de DHA, un acide gras oméga-3 abondant dans les poissons gras.

Le DHA arrive au cerveau, sans bénéfice mesuré

Le produit a bien fait ce qu'on attendait de lui : après six mois, le taux d'oméga-3 dans le liquide céphalorachidien, le liquide qui baigne le cerveau, avait augmenté de 17 % en moyenne. Pourtant, aucune amélioration n'a été mesurée sur la mémoire, sur les capacités de réflexion ni sur le volume de l'hippocampe, une région du cerveau particulièrement touchée par la maladie d'Alzheimer.

Selon le Dr Hussein Naji Yassine, directeur du centre de santé cérébrale personnalisée de l'USC et auteur principal, les compléments d'huile de poisson ne semblent donc pas protéger la santé du cerveau, même quand ils y parviennent.

Ce qu'il faut retenir

Ces résultats concernent un profil précis : des adultes à risque, une dose de DHA donnée et une durée de deux ans. Ils ne disent rien des oméga-3 pour d'autres usages, comme la santé cardiovasculaire, qui n'étaient pas étudiés ici.

Les chercheurs rappellent que les oméga-3 apportés par une alimentation équilibrée, de type méditerranéen, pourraient être plus utiles que des compléments isolés. Ils recommandent surtout l'activité physique, un sommeil de qualité et une alimentation saine pour préserver ses capacités cognitives.

Pour le pharmacien, c'est un argument factuel au comptoir : face à une demande de complément « pour la mémoire », on peut expliquer que cet essai, de bonne qualité, n'a pas montré de bénéfice et orienter vers les mesures de mode de vie qui, elles, sont recommandées.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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