GLP-1 (Ozempic, Mounjaro) : un faible risque de perte de vision
Une étude de Rutgers associe les GLP-1 à 3 à 4 cas de plus de neuropathie optique, une atteinte du nerf de l'œil, pour 10 000 patients diabétiques en 18 mois.
Les médicaments de la famille des GLP-1, comme le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound), sont associés à une légère hausse du risque d'une atteinte rare du nerf optique. C'est la conclusion d'une grande étude de l'université Rutgers (États-Unis), publiée le 14 juillet 2026 dans la revue Annals of Internal Medicine et largement relayée en octobre.
De quoi parle-t-on
Les GLP-1 sont des médicaments injectables qui imitent une hormone digestive : ils stimulent la sécrétion d'insuline, freinent l'appétit et font perdre du poids. Ils sont prescrits dans le diabète de type 2 et l'obésité.
L'atteinte étudiée est la neuropathie optique ischémique : le nerf optique, qui relie l'œil au cerveau, est mal irrigué par le sang. Elle provoque une perte de vision soudaine, le plus souvent d'un seul œil, avec une vision floue, assombrie ou des zones manquantes. Plus de 80 % des cas relèvent de la forme dite antérieure non artéritique.
Ce que l'étude a mesuré
L'équipe dirigée par Chintan Dave, de l'école de pharmacie Ernest Mario, a analysé une vaste base de données américaine d'adultes de 18 à 65 ans atteints de diabète de type 2 qui venaient de commencer un traitement. Résultat : environ 3 à 4 cas supplémentaires pour 10 000 patients traités par GLP-1 sur 18 mois. Le risque absolu reste donc faible.
Les cas étaient plus fréquents chez les hommes et chez les 50-65 ans. Environ un tiers des patients touchés récupèrent en partie dans les six mois, mais une déficience visuelle persiste généralement.
Une association, pas une preuve de cause
Les auteurs insistent : il s'agit d'une association statistique. Les différences d'état de santé entre patients (diabète plus ancien, maladies vasculaires) pourraient expliquer une partie du résultat. L'étude, financée par les NIH américains, ne prouve donc pas que les médicaments causent l'atteinte et ne concerne que des adultes diabétiques.
Ce qu'il faut retenir au comptoir
Ces traitements restent utiles chez les patients qui en ont besoin. Le message de prudence est de ne pas ignorer un symptôme visuel : une baisse brutale ou un voile sur l'œil justifie un avis ophtalmologique rapide. Le pharmacien peut rappeler ce signe d'alerte lors de la dispensation, sans conseiller d'arrêter un traitement de sa propre initiative : la décision revient au prescripteur.