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Science

Diphtérie au Maroc : deux foyers dans le Souss, la riposte s'organise

Un cas confirmé et huit en cours d'investigation à Agadir et Chtouka Aït Baha : le ministère de la Santé a activé sa riposte. Ce que les pharmaciens doivent savoir.

Diphtérie au Maroc : deux foyers dans le Souss, la riposte s'organise
CDC Global — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a annoncé le 28 septembre 2026 la détection de deux foyers familiaux « limités » de diphtérie dans la région Souss-Massa, l'un dans la préfecture d'Agadir Ida-Outanane, l'autre dans la province de Chtouka Aït Baha. Selon le communiqué repris par la presse, un cas a été confirmé en laboratoire et huit autres sont en cours d'investigation et de confirmation biologique, parmi lesquels deux décès sont à déplorer.

Les enfants concernés n'avaient jamais été vaccinés ou n'avaient pas reçu toutes les doses recommandées. C'est le point central de cet épisode : la diphtérie est une maladie que la vaccination prévient très efficacement.

Une riposte immédiate

Le protocole de riposte épidémiologique a été activé sans délai. Les équipes d'intervention rapide du Groupement sanitaire territorial Souss-Massa mènent l'enquête épidémiologique, recherchent activement les cas, recensent et suivent les contacts, qui reçoivent une antibioprophylaxie et une vaccination. Dès le 29 septembre, une vaste campagne de vaccination a été lancée dans la province de Chtouka Aït Baha, en milieu scolaire et auprès des familles, selon la presse régionale.

Le Maroc part d'une position solide. La maladie avait pratiquement disparu du pays : les cas déclarés à l'OMS sont nuls presque chaque année depuis 1990. La couverture par trois doses de vaccin antidiphtérique reste très élevée, à 96 % en 2025 selon les estimations de l'OMS et de l'Unicef, même si elle a légèrement reculé depuis 2021. Ces foyers rappellent que chaque enfant non vacciné reste exposé.

Un contexte régional à surveiller

La diphtérie fait son retour dans plusieurs pays africains. Selon l'OMS, plus de 20 000 cas suspects et 1 252 décès ont été recensés dans huit pays du continent entre janvier et début novembre 2025, dont le Nigeria, la Mauritanie et l'Algérie. L'OMS signale aussi une pénurie mondiale de sérum antidiphtérique, d'où l'importance de la prévention vaccinale.

Ce que le pharmacien doit savoir

La maladie débute souvent comme une angine avec fièvre modérée, difficulté à avaler et ganglions au cou. Le signe évocateur est la présence de fausses membranes gris-blanc, épaisses et adhérentes, sur les amygdales et la gorge. Devant ce tableau, l'orientation vers l'hôpital doit être immédiate : le traitement repose sur des antibiotiques et, dans les formes graves, sur le sérum antidiphtérique, administré uniquement à l'hôpital.

Le comptoir est aussi le bon endroit pour vérifier les carnets de vaccination. Le calendrier national prévoit le vaccin pentavalent à 2, 3 et 4 mois, puis des rappels à 18 mois et à 5 ans, gratuits dans les centres de santé publics. Les parents dont un enfant a manqué une dose peuvent être orientés vers le centre de santé le plus proche pour un rattrapage. Chez l'adulte, dont l'immunité diminue avec le temps, un rappel peut être discuté avec le médecin, en particulier pour les soignants et l'entourage des cas. L'antibioprophylaxie des contacts est, elle, assurée par les équipes du ministère dans le cadre de la riposte.

La réaction rapide des autorités et la mobilisation des professionnels de santé sont les meilleurs atouts pour contenir ces foyers. La vaccination, elle, reste la meilleure protection.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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