Couverture sanitaire au Maroc : l'ACAPS alerte sur la CNOPS et l'AMO
Le président de l'ACAPS a évoqué le 14 octobre à Marrakech des fragilités financières de certains régimes de l'assurance maladie, dont celui de la CNOPS.
Le Maroc a fait passer la couverture sanitaire d'environ 40 % à 80 % de la population, mais certains régimes de l'assurance maladie obligatoire (AMO) présentent des fragilités financières. C'est le message d'Abderrahim Chaffai, président de l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), le gendarme du secteur des assurances et des caisses de prévoyance, rapporte Hespress FR.
Il s'exprimait le 14 octobre 2026 à Marrakech, lors d'un colloque international organisé par le Conseil de la concurrence, l'institution qui veille au bon fonctionnement des marchés.
Un progrès réel, des équilibres inégaux
Selon le compte rendu, la généralisation de l'AMO a élargi l'accès aux soins de façon importante. Mais une lecture globale du système masque des différences entre les régimes, c'est-à-dire entre les caisses qui couvrent chacune une catégorie d'assurés :
• le régime des salariés se trouve dans une situation équilibrée ; • la CNOPS (Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale, qui couvre notamment les agents du secteur public) présente des fragilités ; • pour une catégorie de bénéficiaires du secteur informel, environ 45 % des personnes sont malades, ce qui pèse sur les dépenses.
Les cotisations sont aussi plus difficiles à collecter auprès des travailleurs non salariés et du secteur informel. Le besoin de soins est élevé alors que les cotisations restent insuffisantes : c'est la source des tensions financières décrites.
Les pistes avancées
L'ACAPS recommande plusieurs principes pour garantir la durabilité du système :
• évaluer chaque régime séparément ; • adapter le financement au profil des bénéficiaires ; • adopter une approche prospective, qui tienne compte du vieillissement de la population et de l'évolution des maladies ; • suivre régulièrement les réserves des régimes pour anticiper les risques.
Pourquoi cela intéresse l'officine
Les pharmacies dispensent chaque jour des médicaments pris en charge par l'AMO. La santé financière des caisses détermine à terme les délais de paiement, les taux de remboursement et la liste des médicaments admis. La baisse des prix des médicaments prévue par le décret 2-25-631, déjà traitée sur Officinarium, est d'ailleurs l'un des leviers de maîtrise des dépenses évoqués par les pouvoirs publics. Le gouvernement attend de la révision des prix environ 2 milliards de dirhams d'économies par an pour le système de santé, selon le projet de loi de finances 2027 rapporté par la presse.
Ces propos n'annoncent aucune mesure nouvelle. Ils constituent un avertissement d'un régulateur, qui appelle à piloter les régimes avec des indicateurs précis plutôt qu'avec une moyenne nationale. Les informations de cet article proviennent d'un seul compte rendu de presse ; les chiffres cités sont ceux rapportés par Hespress FR.