Contraception : l'OMS élargit ses recommandations (23/09/2026)
L'OMS recommande la mifépristone comme contraception d'urgence, l'implant jusqu'à 5 ans et la pilule combinée en continu : ce qui change pour les officines.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 23 septembre 2026 de nouvelles recommandations sur la contraception. Elle estime que 164 millions de femmes n'ont pas accès à la contraception qu'elles souhaiteraient. L'objectif affiché est d'élargir les choix sûrs et efficaces, pour que chacun trouve la méthode qui lui convient.
Contraception d'urgence : la mifépristone s'ajoute
L'OMS recommande la mifépristone, à faible dose (10 à 50 mg), comme option supplémentaire de contraception d'urgence. Elle doit être prise le plus tôt possible et au plus tard cinq jours après un rapport non protégé ou mal protégé. Selon l'organisation, elle est d'une sécurité comparable à celle des autres méthodes d'urgence.
L'implant pris en charge jusqu'à cinq ans
L'implant à l'étonogestrel, un petit bâtonnet placé sous la peau du bras, est habituellement remplacé au bout de trois ans. L'OMS soutient désormais son utilisation jusqu'à cinq ans. Elle cite des avantages pratiques : moins de poses et de retraits, moins de consultations et un coût réduit.
La pilule combinée en schémas prolongés
Les pilules combinées (qui associent un œstrogène et un progestatif) peuvent être prises en schéma prolongé, par périodes de six mois, ou en continu jusqu'à un an, au lieu du schéma classique avec une pause mensuelle. C'est une option, pas une obligation.
Deux produits mis en retrait
L'OMS demande davantage de recherches sur l'ormeloxifène, faute de données de sécurité suffisantes. Elle déconseille d'intégrer les pilules contenant du quinestrol aux programmes nationaux, en raison de preuves insuffisantes et de signalements d'événements indésirables graves.
Vers une contraception masculine
L'OMS a aussi élaboré un profil de produit cible pour les futures méthodes masculines, afin d'orienter les chercheurs. Elle indique que plus de 75 % des couples utiliseraient un contraceptif masculin et que plusieurs candidats sont en essais avancés ; des options réversibles pourraient arriver d'ici 5 à 10 ans.
Ce que cela change dans la pratique
Ces recommandations sont un repère scientifique. Elles ne valent pas, à elles seules, autorisation de mise sur le marché ni modification de la notice : ce sont les autorités nationales qui décident de ce qui est enregistré et délivré dans chaque pays. Pour les pharmaciens, elles donnent surtout des arguments solides pour répondre aux questions sur la durée d'un implant ou sur les schémas de pilule, en renvoyant les patientes vers leur médecin ou leur sage-femme pour toute décision personnelle.