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Innovations et découvertes

Cigarette électronique et sevrage tabagique : l'essai NEJM Evidence

Un essai randomisé britannique de 1 170 fumeurs montre qu'un kit de cigarette électronique aide à arrêter, avec ou sans accompagnement téléphonique, mais presque deux fois mieux avec.

Cigarette électronique et sevrage tabagique : l'essai NEJM Evidence
Lindsay Fox from Newport beach, United States — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Une équipe britannique vient de publier un essai randomisé sur la cigarette électronique comme aide à l'arrêt du tabac. La question posée est très concrète pour le comptoir : le dispositif fonctionne-t-il aussi quand le fumeur n'a pas de suivi spécialisé ? L'étude a été mise en ligne le 27 octobre 2026 dans NEJM Evidence, revue du groupe du New England Journal of Medicine.

L'étude

L'essai a été conduit par le Wolfson Institute of Population Health (Queen Mary University of London) avec des collaborateurs des universités de York et d'Édimbourg. Il a été financé par le programme d'évaluation des technologies de santé du NIHR, organisme public britannique de recherche en santé. Il est enregistré sous le numéro ISRCTN 61193406.

Des fumeurs motivés pour arrêter ont été répartis au hasard en trois groupes :

• messages automatisés d'aide à l'arrêt du service public de santé britannique (NHS SmokeFree), servant de comparateur ; • un kit de départ de cigarette électronique seul (groupe « EC-only ») ; • un kit de cigarette électronique plus un accompagnement comportemental par téléphone en plusieurs séances (groupe « EC+ »).

Selon le communiqué de l'université, l'essai a inclus 1 170 adultes. Le critère principal était l'abstinence continue à 6 mois, confirmée par un test biologique. Les personnes perdues de vue ou sans validation biologique étaient comptées comme fumeuses, ce qui est une hypothèse prudente.

Les résultats

À 6 mois, les taux d'abstinence validée étaient de :

• 6,4 % avec les messages automatisés ; • 11,3 % avec la cigarette électronique seule ; • 21,1 % avec la cigarette électronique et l'accompagnement téléphonique.

Cigarette électronique seule contre messages : risque relatif de 1,76 (intervalle de confiance à 97,5 % de 1,03 à 3,01 ; p = 0,018). Cigarette électronique avec accompagnement contre cigarette électronique seule : risque relatif de 1,87 (intervalle de confiance à 97,5 % de 1,27 à 2,75 ; p < 0,001). Le seuil de signification avait été fixé à 0,025 pour chacune des deux comparaisons. La borne basse du premier intervalle, 1,03, est proche de 1 : l'avantage de la cigarette électronique sans soutien est réel dans cet essai, mais son ampleur est incertaine.

Selon le communiqué de l'université, les taux à 12 mois (résultat secondaire) étaient de 5,4 %, 9 % et 16,8 % dans les trois groupes respectifs. Nous n'avons pas pu consulter le texte complet de l'article, ce détail n'est donc pas vérifié à la source.

La sécurité

Des événements indésirables graves ont été rapportés chez 8,1 % des participants du groupe messages, 10,8 % du groupe cigarette électronique seule et 10,7 % du groupe avec accompagnement. Quatre décès sont survenus, deux dans chacun des groupes cigarette électronique. Le résumé publié ne détaille pas ces événements ; on ne peut donc pas en tirer de conclusion sur leur lien avec le produit.

Les limites

Le comparateur, des messages automatisés, est une aide légère : l'écart avec la cigarette électronique ne dit rien sur sa supériorité face aux substituts nicotiniques ou aux médicaments d'aide à l'arrêt. Les auteurs relèvent aussi que certains participants du groupe contrôle ont utilisé d'autres aides, ce qui peut atténuer les écarts. Le suivi de 6 mois ne dit rien des effets à long terme de l'inhalation de vapeur. Enfin, l'essai s'est déroulé au Royaume-Uni, dans un cadre réglementaire et culturel différent du nôtre.

Ce que cela change pour les pharmaciens

Ces résultats ajoutent un argument à l'idée que l'accompagnement multiplie les chances de réussite : dans cet essai, ajouter un suivi téléphonique a presque doublé le taux d'abstinence. Le pharmacien, qui voit le fumeur régulièrement, est bien placé pour proposer ce suivi, quel que soit l'outil choisi.

Sur le plan réglementaire, cette étude ne dit rien du statut de la cigarette électronique au Maroc ; nous n'avons pas vérifié ici son cadre légal ni la disponibilité de dispositifs spécifiques d'aide à l'arrêt. Les traitements dont l'efficacité est établie (substituts nicotiniques, médicaments sur prescription) restent la référence du conseil officinal. Un fumeur qui s'interroge sur la cigarette électronique mérite une réponse honnête : elle a aidé davantage que des messages seuls dans cet essai, mais elle n'est pas dénuée de risques et son innocuité à long terme n'est pas établie.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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