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Cénobamate et épilepsie pharmacorésistante : méta-analyse

Une méta-analyse de 36 études sur le cénobamate dans l'épilepsie pharmacorésistante estime la réponse à 65 % chez l'adulte, avec peu de données chez l'enfant.

Cénobamate et épilepsie pharmacorésistante : méta-analyse
Flexagoon — CC0, via Wikimedia Commons

Certaines personnes épileptiques continuent à faire des crises malgré plusieurs médicaments : on parle d’épilepsie pharmacorésistante. Le cénobamate, un antiépileptique récent, vise ce groupe. Une méta-analyse publiée en ligne le 4 novembre 2026 dans l’European Journal of Clinical Pharmacology en résume les résultats chez l’adulte et, surtout, chez l’enfant, où l’on en savait peu.

L’étude

Les auteurs, de l’hôpital universitaire West China Second (Université du Sichuan, Chengdu, Chine), ont cherché dans PubMed, Embase, Web of Science et la Cochrane Library jusqu’en mai 2026. Après retrait des doublons, 304 références ont été examinées et 36 études retenues : 22 études portant sur 6 256 adultes, 6 études sur 256 enfants, et 8 études mixtes (451 patients) dont les données ne pouvaient pas être séparées par âge. Les auteurs précisent que la plupart des études étaient rétrospectives et observationnelles, donc sans groupe comparateur randomisé. Les estimations sont des proportions regroupées par un modèle à effets aléatoires.

Les résultats

Chez l’adulte :

• réponse (au moins 50 % de crises en moins) : 0,65 (21 études, 3 871 patients ; IC à 95 % : 0,58 à 0,71) ; • absence de crises : 0,15 (21 études, 3 963 patients ; IC à 95 % : 0,10 à 0,21) ; • événements indésirables : 0,63 (17 études, 3 611 patients ; IC à 95 % : 0,51 à 0,74) ; • événements indésirables graves : 0,00 (19 études, 3 487 patients ; IC à 95 % : 0,00 à 0,02).

Chez l’enfant, les chiffres sont présentés comme préliminaires : réponse 0,60 (6 études, 256 patients ; IC à 95 % : 0,39 à 0,78), absence de crises 0,20 (4 études, 212 patients ; IC à 95 % : 0,15 à 0,26), événements indésirables 0,48 (IC à 95 % : 0,42 à 0,55) et événements graves 0,03 (4 études, 63 patients ; IC à 95 % : 0,01 à 0,12). Tous âges confondus : réponse 0,63 (35 études, 4 578 patients) et absence de crises 0,15 (32 études, 4 392 patients).

Les limites

Les valeurs pédiatriques ressemblent à celles des adultes, mais cette comparaison est indirecte et les intervalles de confiance chez l’enfant sont larges (0,39 à 0,78 pour la réponse). Les auteurs reconnaissent des échantillons pédiatriques très petits et appellent à des études prospectives. Il n’y a pas de comparaison avec un autre médicament ou un placebo dans cette analyse : elle décrit des taux, pas un avantage démontré. Le résumé ne précise ni l’enregistrement d’un protocole ni la durée de suivi ; l’étude a reçu un financement public chinois (Fondation nationale des sciences naturelles).

Ce que cela change pour les pharmaciens

Le cénobamate a été autorisé par la FDA américaine en 2019 chez l’adulte atteint de crises focales (crises partant d’une zone du cerveau). En Europe, il est commercialisé sous le nom d’Ontozry, en traitement additionnel chez l’adulte dont l’épilepsie n’est pas contrôlée après au moins deux traitements, selon Vidal (décembre 2022). Je n’ai pas trouvé d’information sur une autorisation de mise sur le marché au Maroc : sa disponibilité nationale est donc inconnue ; vérifier dans la base de l’AMMPS.

Pour mémoire, Vidal signale des somnolences, vertiges et fatigues fréquents, un risque de syndrome DRESS (réaction cutanée grave avec atteinte d’organes), une contre-indication en cas de syndrome du QT court familial et une efficacité réduite des contraceptifs hormonaux oraux, nécessitant une contraception complémentaire. Ces éléments relèvent de la notice officielle, à consulter pour toute dispensation. L’étude ne justifie aucune utilisation chez l’enfant en dehors des indications autorisées.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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