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Innovations et découvertes

Cellules sénescentes : la protéine PD-L2 les aide à se cacher

Chez la souris, bloquer la protéine PD-L2 réduit l'accumulation des cellules sénescentes, ces cellules « zombies » du vieillissement, selon Cedars-Sinai.

Cellules sénescentes : la protéine PD-L2 les aide à se cacher
Velichko Artem — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

En vieillissant, notre corps accumule des cellules abîmées qui ne se divisent plus mais ne meurent pas : les cellules sénescentes, souvent surnommées « cellules zombies ». Elles sécrètent des substances inflammatoires qui nuisent aux tissus voisins. Des chercheurs de Cedars-Sinai (Los Angeles) viennent d'identifier une protéine qui les aide à échapper au système immunitaire : PD-L2. Les résultats, obtenus chez la souris, sont publiés dans la revue Cell Metabolism.

Une protéine déjà connue en cancérologie

PD-L2 appartient à la famille des « points de contrôle immunitaires », des protéines que certaines tumeurs utilisent pour se rendre invisibles. Les médicaments d'immunothérapie contre le cancer ciblent justement ces mécanismes. L'équipe de James Kirkland, directeur du Centre pour les gérothérapies avancées, et de Selim Chaib a montré que les cellules sénescentes en produisent davantage, ce qui leur permettrait de rester en place au lieu d'être éliminées.

Ce que les expériences ont donné

Chez des souris âgées dépourvues de PD-L2, les cellules sénescentes s'accumulaient moins que chez les souris normales. Bloquer l'activité de PD-L2 a réduit leur nombre et abaissé les substances inflammatoires qu'elles libèrent. Les animaux ont aussi amélioré leur traitement du glucose et leur force de préhension.

Chez l'humain, l'analyse de tissus et de cellules a montré davantage de PD-L2 dans les cellules sénescentes que dans les cellules jeunes, et une hausse avec l'âge dans certains tissus. Le PD-L2 circulant dans le sang augmente aussi avec l'âge, ce qui en ferait un possible marqueur sanguin de la sénescence.

Un stade très précoce

Il s'agit de recherche fondamentale : aucun essai chez l'être humain n'a eu lieu. Les auteurs soulignent qu'il faut encore établir si bloquer PD-L2 est sûr et efficace chez les patients, et préciser son rôle dans les maladies liées à l'âge. Un point de vigilance : ces protéines de contrôle protègent aussi contre l'auto-immunité, et agir dessus pourrait avoir des effets indésirables, à évaluer.

Pour les pharmaciens, l'intérêt est de suivre une piste : les « sénothérapies », médicaments visant à éliminer ou neutraliser les cellules sénescentes, pourraient un jour compléter l'arsenal contre des maladies du vieillissement comme le diabète ou la perte de force musculaire. Nous n'en sommes qu'au laboratoire.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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