CBL-514 : une injection qui détruit les cellules graisseuses testée
Présenté au congrès EASD de Milan, le CBL-514 de Caliway déclenche la mort programmée des cellules graisseuses : 12 % de graisse viscérale en moins dans deux essais de phase 2.
Et si l'on pouvait éliminer la graisse du ventre non pas en la faisant fondre, mais en supprimant les cellules qui la stockent ? C'est la piste d'un médicament expérimental injectable, le CBL-514, dont de nouveaux résultats ont été présentés le 11 octobre 2026 au congrès de l'EASD, l'association européenne d'étude du diabète, réuni à Milan (Italie).
Un mécanisme différent des traitements de l'obésité
Les médicaments contre l'obésité les plus connus, comme les analogues du GLP-1 (une hormone qui régule l'appétit et la glycémie), agissent surtout en réduisant la faim. Le CBL-514, développé par le laboratoire taïwanais Caliway Biopharmaceuticals, fonctionne autrement : il déclenche l'apoptose des adipocytes, c'est-à-dire la mort programmée des cellules graisseuses, tout en épargnant, selon le communiqué, les autres types de cellules. Une cellule graisseuse détruite ne se remplit plus.
Ce que montrent les deux essais de phase 2
L'analyse, dirigée par le Dr W. Timothy Garvey (Université d'Alabama à Birmingham, États-Unis), porte sur deux essais de phase 2 appelés CBL-0204 et CBL-0205. Ils ont inclus 41 adultes âgés de 36 à 42 ans : 23 ont reçu le médicament, 18 un placebo. Le produit était injecté dans le bas de l'abdomen, jusqu'à 600 mg toutes les trois semaines, pendant 12 semaines au maximum.
• Graisse sous la peau : 69,6 % des patients traités ont perdu au moins 150 ml à huit semaines, contre aucun sous placebo. • Graisse viscérale, celle qui entoure les organes et favorise diabète et maladies du cœur : baisse de 12,01 % quatre semaines après le traitement, et de 10,45 % lors du suivi à 8-12 semaines. Sous placebo, elle a augmenté de 5,68 % puis de 11,76 %.
Les effets indésirables signalés sont surtout des réactions locales passagères autour du point d'injection : douleur, gonflement, rougeur.
Un stade encore précoce
Ces données viennent de très petits groupes et d'une communication de congrès : elles doivent être confirmées. Des essais de phase 3, l'étape décisive menée sur de plus grands groupes, recrutaient au moment de l'annonce, avec des premiers résultats attendus fin 2027. Le produit n'est autorisé nulle part. Une question majeure reste ouverte : le médicament peut-il empêcher la reprise de poids ? Des études chez l'animal combinant le CBL-514 et la tirzépatide, un médicament contre l'obésité, sont encourageantes, mais rien n'est démontré chez l'humain.
Pour les pharmaciens, qui voient arriver de plus en plus de questions sur les traitements de l'obésité, ce travail illustre une voie complémentaire : agir directement sur le tissu graisseux plutôt que sur l'appétit. À ce stade, aucune information ne laisse prévoir une disponibilité au Maroc.