Capteur optique à 10 dollars : un labo d'analyse au poignet
Cambridge présente un capteur optique à environ 10 dollars qui a mesuré glucose, alcool et lactate sanguins en laboratoire. D'autres tests sont nécessaires.
Un petit capteur de la taille de quelques centimètres, d'un coût d'environ 10 dollars, pourrait un jour apporter à une montre connectée une partie de la précision d'un laboratoire d'analyse. Des chercheurs de l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni, l'ont présenté dans la revue Nature Photonics, en octobre 2026, avec la jeune entreprise GlitterinTech.
Comment fonctionne ce capteur
L'appareil est un spectromètre, c'est-à-dire un instrument qui analyse la lumière renvoyée par une substance pour en déduire sa composition. Les spectromètres classiques séparent les couleurs de la lumière, ce qui demande des pièces volumineuses et chères. Ici, l'équipe emploie une approche différente : des composants optiques à réponse répétitive effectuent directement, sur la lumière reçue, un calcul mathématique appelé convolution. Le dispositif travaille dans le proche infrarouge, entre 1 200 et 1 700 nanomètres, et donne un résultat en moins d'une seconde. Il tolère des températures de -20 °C à 80 °C.
Ce que les tests ont montré
Selon l'Université, le capteur a identifié avec 100 % de réussite des plastiques, des produits pharmaceutiques, du café, de la farine et du thé. Dans des tests de concentration, sa précision est d'environ 0,01 %.
Côté santé, il a pu mesurer le glucose sanguin, l'alcool dans le sang, le lactate (une substance produite par les muscles à l'effort) et l'hydratation de la peau. Un participant a aussi servi à suivre son glucose sans prise de sang sur une durée prolongée.
Stade et limites
La technologie est validée en laboratoire. Les chercheurs précisent eux-mêmes que d'autres tests seront nécessaires avant d'en faire un produit médical utilisable. La mesure du glucose sans piqûre est un objectif de longue date et reste difficile : un seul participant ne permet pas de conclure à une fiabilité suffisante pour la surveillance d'un diabète.
Aucun dispositif de ce type n'est aujourd'hui disponible pour les patients, et ce capteur ne remplace pas les lecteurs de glycémie ni les capteurs en continu actuels. Les concepteurs évoquent aussi des usages dans les objets connectés, le contrôle qualité industriel et la surveillance de l'environnement.
Pour les pharmaciens, qui conseillent déjà sur l'autosurveillance de la glycémie, c'est un signal à suivre : l'innovation vise à rendre les mesures de santé plus simples et bien moins chères, mais elle n'en est qu'à ses débuts.