Cancer du pancréas : l'Europe recommande Rasonque (daraxonrasib)
L'Agence européenne des médicaments recommande Rasonque (daraxonrasib), premier inhibiteur de la protéine RAS contre le cancer du pancréas métastatique déjà traité.
Le comité des médicaments de l'Agence européenne des médicaments (EMA, l'organisme qui évalue les médicaments pour l'Union européenne) a rendu un avis favorable, lors de sa réunion du 12 au 15 octobre 2026, au Rasonque (daraxonrasib). Ce comprimé, développé par Revolution Medicines, vise le cancer du pancréas métastatique, c'est-à-dire qui s'est déjà propagé, chez des adultes ayant reçu au moins un traitement auparavant. L'avis est une recommandation : la Commission européenne doit encore prendre la décision d'autorisation officielle.
Une cible longtemps jugée inatteignable
Le cancer du pancréas est l'un des plus difficiles à soigner. La grande majorité de ces tumeurs portent une mutation de la protéine RAS, un interrupteur qui commande la multiplication des cellules et qui reste bloqué sur « marche ». Pendant des décennies, aucun médicament n'a réussi à la neutraliser. Le daraxonrasib bloque la protéine RAS dans sa forme active, celle qui transmet l'ordre de croître, d'où son nom d'inhibiteur « RAS(ON) ». L'EMA l'a classé parmi les médicaments anticancéreux prioritaires de son programme « Cancer Medicines Pathfinder », car il répond à un besoin médical important.
Les résultats de l'essai RASolute 302
Le médicament a déjà été autorisé aux États-Unis par la FDA, l'agence américaine, le 26 août 2026, à la dose de 300 mg par voie orale une fois par jour. L'essai de phase 3 (le dernier stade avant autorisation) a comparé 500 patients : 248 sous daraxonrasib et 252 sous chimiothérapie au choix du médecin. Les résultats rapportés par CancerNetwork, pour l'ensemble des patients :
• survie globale médiane : 13,2 mois contre 6,7 mois (risque de décès réduit de 60 %, rapport de risque 0,40) ; • survie sans progression de la maladie : 7,2 mois contre 3,6 mois ; • tumeurs qui régressent : 31,6 % contre 11,2 % ; • effets indésirables graves (grade 3 ou plus) : 43,6 % contre 57,5 % ; • arrêt du traitement pour effets indésirables : 1,2 % contre 11,2 %.
Des effets indésirables différents de la chimiothérapie
Les effets les plus fréquents, de tout niveau de gravité, sont une éruption cutanée (85 %), des diarrhées (58 %), des inflammations de la bouche (53 %), des nausées (46 %) et des vomissements (37 %). Ils appellent une surveillance de la peau et des muqueuses, un domaine où le conseil du pharmacien peut compter une fois le traitement disponible.
Et au Maroc ?
Il ne s'agit à ce stade que d'un avis européen : nous n'avons pas relevé d'annonce d'enregistrement du daraxonrasib au Maroc. Les résultats concernent des patients déjà traités ; ils ne disent rien d'un usage plus précoce, encore à l'étude.