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Cancer du pancréas : l'Europe recommande Rasonque (daraxonrasib)

L'Agence européenne des médicaments recommande Rasonque (daraxonrasib), premier inhibiteur de la protéine RAS contre le cancer du pancréas métastatique déjà traité.

Cancer du pancréas : l'Europe recommande Rasonque (daraxonrasib)
Ryan Kissinger (NIAID) — domaine public, via Wikimedia Commons

Le comité des médicaments de l'Agence européenne des médicaments (EMA, l'organisme qui évalue les médicaments pour l'Union européenne) a rendu un avis favorable, lors de sa réunion du 12 au 15 octobre 2026, au Rasonque (daraxonrasib). Ce comprimé, développé par Revolution Medicines, vise le cancer du pancréas métastatique, c'est-à-dire qui s'est déjà propagé, chez des adultes ayant reçu au moins un traitement auparavant. L'avis est une recommandation : la Commission européenne doit encore prendre la décision d'autorisation officielle.

Une cible longtemps jugée inatteignable

Le cancer du pancréas est l'un des plus difficiles à soigner. La grande majorité de ces tumeurs portent une mutation de la protéine RAS, un interrupteur qui commande la multiplication des cellules et qui reste bloqué sur « marche ». Pendant des décennies, aucun médicament n'a réussi à la neutraliser. Le daraxonrasib bloque la protéine RAS dans sa forme active, celle qui transmet l'ordre de croître, d'où son nom d'inhibiteur « RAS(ON) ». L'EMA l'a classé parmi les médicaments anticancéreux prioritaires de son programme « Cancer Medicines Pathfinder », car il répond à un besoin médical important.

Les résultats de l'essai RASolute 302

Le médicament a déjà été autorisé aux États-Unis par la FDA, l'agence américaine, le 26 août 2026, à la dose de 300 mg par voie orale une fois par jour. L'essai de phase 3 (le dernier stade avant autorisation) a comparé 500 patients : 248 sous daraxonrasib et 252 sous chimiothérapie au choix du médecin. Les résultats rapportés par CancerNetwork, pour l'ensemble des patients :

• survie globale médiane : 13,2 mois contre 6,7 mois (risque de décès réduit de 60 %, rapport de risque 0,40) ; • survie sans progression de la maladie : 7,2 mois contre 3,6 mois ; • tumeurs qui régressent : 31,6 % contre 11,2 % ; • effets indésirables graves (grade 3 ou plus) : 43,6 % contre 57,5 % ; • arrêt du traitement pour effets indésirables : 1,2 % contre 11,2 %.

Des effets indésirables différents de la chimiothérapie

Les effets les plus fréquents, de tout niveau de gravité, sont une éruption cutanée (85 %), des diarrhées (58 %), des inflammations de la bouche (53 %), des nausées (46 %) et des vomissements (37 %). Ils appellent une surveillance de la peau et des muqueuses, un domaine où le conseil du pharmacien peut compter une fois le traitement disponible.

Et au Maroc ?

Il ne s'agit à ce stade que d'un avis européen : nous n'avons pas relevé d'annonce d'enregistrement du daraxonrasib au Maroc. Les résultats concernent des patients déjà traités ; ils ne disent rien d'un usage plus précoce, encore à l'étude.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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