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Veille AMMPS · données lues à 18:39 UTC · dernière alerte publiée le 30 octobre 2026 · aucune nouvelle alerte depuis 6 jours6 jours sans alerte · dernière le 30 oct.

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Science

Bicarbonate de sodium en réanimation : méta-analyse sur l'acidose

Une méta-analyse de 4 essais (1 544 patients) ne montre pas de bénéfice clair du bicarbonate sur la mortalité en réanimation, mais un moindre recours à la dialyse.

Bicarbonate de sodium en réanimation : méta-analyse sur l'acidose
Ismael Olea — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Le bicarbonate de sodium par voie intraveineuse aide-t-il les patients de réanimation dont le sang est devenu trop acide ? Une méta-analyse publiée en ligne le 2 novembre 2026 dans la revue Intensive Care Medicine apporte une réponse nuancée : pas de bénéfice net démontré sur la survie, mais un signal en faveur d'un moindre recours à la dialyse.

Le contexte

L'acidose métabolique est un déséquilibre du sang, devenu trop acide, fréquent chez les patients gravement malades. Le bicarbonate de sodium, une base qui neutralise cet excès d'acide, est utilisé depuis longtemps pour la corriger. Son intérêt réel sur l'évolution des patients restait débattu.

L'étude

L'équipe, associant des chercheurs d'Australie, de Thaïlande, de France, du Royaume-Uni, de Chine et du Brésil, a réalisé une revue systématique : une recherche méthodique de tous les essais disponibles, dans les bases MEDLINE, Embase et CENTRAL, jusqu'en décembre 2025, avec une mise à jour le 2 avril 2026. Les données ont été regroupées par une méta-analyse bayésienne, méthode statistique qui exprime les résultats sous forme de probabilités.

Seuls des essais randomisés ont été retenus. Ils comparaient le bicarbonate par voie intraveineuse à un placebo ou à la prise en charge habituelle chez des adultes en réanimation présentant une acidose métabolique. Au total, 4 essais, soit 1 544 patients, ont été analysés.

Les résultats

Le critère principal était la mortalité toutes causes à court terme.

• Mortalité à court terme : risque relatif de 0,94 (intervalle de crédibilité à 95 % de 0,73 à 1,22), avec une probabilité de bénéfice de 72,1 %. L'intervalle inclut 1 : aucun bénéfice clair n'est démontré. • Mise en dialyse (traitement de suppléance rénale) : risque relatif de 0,74 (intervalle de crédibilité à 95 % de 0,59 à 0,98), avec une probabilité de bénéfice de 97,2 %.

Les autres critères (mortalité à 90 jours, jours sans dialyse, jours sans vasopresseurs, durées de séjour en réanimation et à l'hôpital) montrent des effets faibles ou imprécis, selon les auteurs. Aucun signal de sécurité constant n'a été identifié.

Les limites

Le nombre d'essais est très réduit : quatre. Les intervalles de crédibilité sont larges, en particulier pour la mortalité. Le résumé consulté ne précise ni les doses, ni les définitions de l'acidose, ni les profils de patients de chaque essai ; il ne mentionne pas non plus le financement. La réduction du recours à la dialyse est un critère secondaire : elle suggère une piste, elle ne la prouve pas. Les auteurs concluent que de nouveaux essais doivent définir les patients les plus susceptibles d'en bénéficier. Nous n'avons lu que le résumé de l'article ; le texte complet n'a pas été analysé.

Ce que cela change pour les pharmaciens

Cette étude ne modifie pas la pratique de l'officine : elle concerne l'usage hospitalier, en réanimation, sous surveillance médicale. Elle intéresse surtout les pharmaciens hospitaliers, qui gèrent les solutions de bicarbonate injectables. Elle rappelle qu'un traitement ancien et courant n'a pas toujours une efficacité démontrée sur la survie. Nous n'avons pas trouvé d'information vérifiée sur la disponibilité ou le statut des solutions injectables de bicarbonate au Maroc : ce point reste à confirmer auprès de l'AMMPS. Rien ici ne justifie d'utiliser le bicarbonate de sodium en automédication pour corriger l'acidité du sang.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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