Belzutifan + lenvatinib : nouvelle option contre le cancer du rein
La FDA a approuvé le 24 septembre 2026 l'association belzutifan (Welireg) et lenvatinib dans le cancer du rein avancé : survie sans progression de 14,6 mois.
Le 24 septembre 2026, la FDA, l'agence américaine du médicament, a approuvé l'association de deux comprimés pris par voie orale contre le cancer du rein avancé : le belzutifan (Welireg, laboratoire Merck) et le lenvatinib (Lenvima, laboratoire Eisai). Elle s'adresse aux adultes atteints d'un cancer du rein à cellules claires, la forme la plus fréquente, dont la maladie a progressé après une immunothérapie anti-PD-1 ou anti-PD-L1.
Deux mécanismes complémentaires
Les cellules du cancer du rein à cellules claires dépendent souvent d'une protéine appelée HIF-2α, qui les aide à survivre dans un milieu pauvre en oxygène et à fabriquer de nouveaux vaisseaux. Le belzutifan bloque cette protéine. Le lenvatinib, lui, est un inhibiteur de tyrosine kinases : il bloque plusieurs enzymes qui commandent la croissance de la tumeur et de ses vaisseaux sanguins.
Les résultats de l'essai LITESPARK-011
L'approbation s'appuie sur l'essai de phase 3 LITESPARK-011, mené chez 747 patients et comparant l'association au cabozantinib, un traitement de référence. Selon la FDA :
• survie sans progression (le temps avant que la maladie ne s'aggrave) : 14,6 mois contre 10,6 mois ; • taux de réponse (réduction de la tumeur) : 53 % contre 40 % ; • survie globale : 33,7 mois contre 28,6 mois, une différence non significative sur le plan statistique.
Le bénéfice démontré porte donc sur le délai avant aggravation et sur la réponse tumorale, pas encore sur la durée de vie globale.
Posologie et précautions
La dose recommandée est de 20 mg de lenvatinib associés à 120 mg de belzutifan, une fois par jour, jusqu'à progression de la maladie ou toxicité inacceptable. Le belzutifan comporte un avertissement sur le risque pour le fœtus, ainsi que des risques d'anémie et de baisse de l'oxygène dans le sang. Le lenvatinib impose une surveillance de la tension artérielle, du cœur et des risques d'hémorragie. Ces points, bien connus des pharmaciens d'oncologie, justifient un suivi régulier et des conseils sur l'observance.
Et au Maroc ?
Il s'agit d'une décision américaine. Dans les sources consultées, aucune information n'indique une autorisation ou une disponibilité de cette association au Maroc. L'annonce montre néanmoins une tendance de fond : l'arrivée de médicaments oraux ciblés, qui s'ajoutent aux immunothérapies, pour offrir une nouvelle ligne de traitement quand la maladie progresse.