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Économie

AMO au Maroc : la CNSS a versé 23 milliards de dirhams en 2025

AMO au Maroc : la CNSS a versé 23 milliards de dirhams de prestations en 2025 (+17 %), dont l'essentiel au privé. Son directeur général propose des leviers.

AMO au Maroc : la CNSS a versé 23 milliards de dirhams en 2025
Berdaiothmane10 — CC0, via Wikimedia Commons

L'assurance maladie obligatoire (AMO), le système qui rembourse les soins des Marocains, couvre désormais la quasi-totalité de la population. Mais sa facture grimpe vite. C'est le message du directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Hassan Boubrik, lors d'un colloque organisé le 14 octobre 2026 à Marrakech par le Conseil de la concurrence, l'autorité chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés.

Une couverture élargie, des dépenses en hausse

Selon la presse qui a rapporté son intervention, environ 32 millions de personnes étaient inscrites à l'AMO en 2025, soit 88 % de la population, contre 42 % avant la généralisation de la protection sociale. La CNSS, qui gère le régime des salariés du privé, des indépendants et des anciens bénéficiaires du Ramed, a versé 23 milliards de dirhams de prestations en 2025, soit 17 % de plus qu'en 2024.

Plus de couverture veut dire plus de soins remboursés, donc plus de dépenses. Selon Ecoactu, les dépenses de l'AMO ont progressé de 83 % entre 2022 et 2024, alors que les ressources n'ont augmenté que de 36 %.

Le privé absorbe l'essentiel des remboursements

Autre chiffre avancé : 89 % des dépenses de soins remboursées par la CNSS en 2025 sont allées au secteur privé, contre 11 % au secteur public. Hors médicaments, cette part reste d'environ 83 %. Le dirigeant a aussi relevé que 11 % des assurés avaient des « droits fermés », c'est-à-dire une couverture suspendue parce que leurs cotisations n'étaient pas payées.

Pour Hassan Boubrik, un système universel ne peut durer sans un secteur public fort et attractif. Il a surtout plaidé pour mieux organiser et contrôler les dépenses.

Les pistes évoquées, dont le médicament

Les pistes présentées, telles que rapportées par la presse, touchent directement le monde de la pharmacie :

• renforcer l'offre de soins publique ; • réguler le prix des médicaments et développer l'usage des génériques et des biosimilaires (copies de médicaments biologiques) ; • mieux coordonner le parcours de soins ; • accélérer la mise à jour des nomenclatures médicales et des listes de médicaments remboursables ; • lutter contre la fraude et les surfacturations grâce à l'analyse des données et à la numérisation ; • donner davantage de moyens à la Haute Autorité de santé.

D'autres intervenants ont insisté sur l'accès réel aux soins. Le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc, Mehdi Tazi, a signalé des tarifs de référence datant de 2006, jugés décalés par rapport au coût réel des soins. Le président du Conseil économique, social et environnemental, Abdelkader Amara, a demandé de mesurer la réussite par l'accès aux soins plutôt que par le nombre d'inscrits.

Pour les pharmaciens, ces débats comptent : le tarif national de référence sert de base au remboursement, et la révision des listes de médicaments remboursables comme la place donnée aux génériques influencent directement l'activité de l'officine. Aucune décision n'a été annoncée à ce stade : il s'agit de propositions présentées lors d'un colloque.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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