Aller au contenu
Veille AMMPS · données lues à 09:33 UTC · dernière alerte publiée le 30 octobre 2026 · aucune nouvelle alerte depuis 7 jours7 jours sans alerte · dernière le 30 oct.

← Toutes les actualités

Innovations et découvertes

Amivantamab sous-cutané : la FDA l'approuve dans le cancer ORL avancé

Le 5 novembre 2026, la FDA américaine a accordé une approbation accélérée à Rybrevant Faspro (amivantamab) dans le cancer épidermoïde de la tête et du cou avancé.

Amivantamab sous-cutané : la FDA l'approuve dans le cancer ORL avancé
Ed Uthman — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Le 5 novembre 2026, l'agence américaine du médicament (FDA) a accordé une approbation accélérée à Rybrevant Faspro, une forme sous-cutanée de l'amivantamab, pour traiter certains cancers de la tête et du cou à un stade avancé. Selon la FDA, c'est la première approbation en dix ans d'un médicament dans cette situation précise.

De quoi s'agit-il ?

Le carcinome épidermoïde de la tête et du cou est un cancer qui naît dans les muqueuses de la bouche, de la gorge ou du larynx. L'indication approuvée concerne les adultes dont la maladie est récidivante ou métastatique, et qui ont déjà progressé après une chimiothérapie à base de platine et une immunothérapie. Les cancers de l'oropharynx liés au papillomavirus (HPV) ne sont pas concernés.

L'amivantamab est un anticorps dit bispécifique : il cible à la fois deux protéines présentes à la surface des cellules tumorales, EGFR et MET, qui favorisent la croissance du cancer. La forme sous-cutanée associe l'anticorps à une enzyme, l'hyaluronidase, qui facilite l'injection sous la peau.

Ce que montre l'essai

L'approbation repose sur un essai ouvert, multicentrique, sans groupe de comparaison, chez 102 patients. Cet essai (OrigAMI-4, phase 1b/2) a été financé par le fabricant, Johnson & Johnson.

Le critère principal est le taux de réponse objective, c'est-à-dire la part des patients dont la tumeur a diminué d'au moins une proportion définie ou disparu. Il atteint 42 % selon la FDA ; l'entreprise indique un intervalle de confiance à 95 % de 32 à 52 %, avec 15 % de réponses complètes. Parmi les patients qui ont répondu, 56 % ont gardé cette réponse six mois ou plus. La durée médiane de réponse n'était pas atteinte lors de l'analyse présentée par l'entreprise.

Pour situer ces chiffres, la FDA indique que les traitements déjà autorisés dans cette situation donnent des taux de réponse d'environ 20 % ou moins. Cette comparaison est indirecte : elle ne vient pas d'un essai comparatif.

La sécurité

Les mises en garde de l'étiquette américaine portent sur l'hypersensibilité, les réactions liées à l'administration, la pneumopathie interstitielle (atteinte inflammatoire du poumon), les réactions cutanées, la toxicité oculaire et le risque pour le fœtus.

Selon l'entreprise, la plupart des effets indésirables étaient de grade 1 ou 2 : hypoalbuminémie (baisse de l'albumine dans le sang, 50 %), éruption cutanée (37 %), paronychie (infection autour des ongles, 34 %) et dermatite acnéiforme (34 %). Les réactions liées à l'administration touchaient 15 % des patients, sans grade 3 ou plus, et 8 % ont arrêté le traitement pour des raisons de sécurité.

Les limites

Il s'agit d'une approbation accélérée, fondée sur un critère de substitution : le taux de réponse. Il ne prouve pas que les patients vivent plus longtemps ou mieux. L'essai n'a pas de bras de comparaison et la FDA exige des études de confirmation. Les chiffres de sécurité cités ici proviennent de l'entreprise et non de l'étude publiée dans une revue à comité de lecture, que nous n'avons pas pu consulter.

Ce que cela change pour les pharmaciens

À ce jour, nous n'avons pas trouvé d'autorisation de mise sur le marché marocaine pour Rybrevant Faspro dans cette indication : la disponibilité au Maroc est inconnue. Cette approbation reste donc, pour l'instant, une information de veille. Elle rappelle que les traitements anticancéreux ciblés exigent un suivi attentif des effets cutanés et respiratoires, sur lesquels le pharmacien peut aider à repérer un signal d'alerte et orienter vers l'oncologue.

Un essai de phase 3, OrigAMI-5, évalue par ailleurs l'amivantamab en première ligne, associé à la chimiothérapie et à l'immunothérapie.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

Retour aux actualités