Aliments ultra-transformés et cancer colorectal : une grande étude
Une étude américaine sur 461 682 adultes, suivis pendant près de 19 ans, ne trouve pas de lien global entre aliments ultra-transformés et cancer colorectal.
Les aliments ultra-transformés augmentent-ils le risque de cancer du côlon ou du rectum ? Une vaste étude américaine, publiée le 15 octobre 2026 dans la revue PLOS Medicine, ne trouve pas d'association globale. Les résultats nuancent un débat très présent, mais ils ne donnent pas pour autant un feu vert à tout ce qui est industriel.
Qu'appelle-t-on « ultra-transformé » ?
Les aliments ultra-transformés sont des produits industriels fabriqués à partir d'ingrédients extraits ou modifiés (sucres, huiles, additifs) : boissons sucrées, biscuits, plats préparés, charcuteries industrielles. Le cancer colorectal est le cancer du gros intestin, le côlon et le rectum.
Une cohorte de plus de 460 000 personnes
L'équipe d'Erikka Loftfield, de l'Institut national du cancer des États-Unis (NCI), a suivi 461 682 Américains âgés de 50 à 71 ans au départ. Le suivi a duré en moyenne 18,8 ans, jusqu'en 2018. Les chercheurs ont comparé la consommation d'aliments ultra-transformés, déclarée par les participants, au nombre de cancers colorectaux apparus.
Ce que montrent les résultats
• Aucune association globale n'a été observée entre la consommation d'aliments ultra-transformés et le cancer colorectal. • En revanche, une consommation plus élevée de céréales complètes, de fibres, de produits laitiers et de calcium allait de pair avec un risque plus faible. • La viande transformée allait, elle, avec un risque plus élevé. • Remplacer 10 % des aliments ultra-transformés par des aliments peu transformés était associé à une incidence de cancer colorectal inférieure de 2 %.
Autrement dit, ce n'est pas le degré de transformation en lui-même qui semble compter le plus, mais la nature des aliments : fibres et céréales complètes protègent, la charcuterie reste à limiter.
Des limites à garder en tête
L'étude est observationnelle : elle repère des liens, sans prouver une cause. Les participants sont surtout des Américains blancs et plutôt âgés. Leur alimentation n'a été relevée qu'une seule fois, au début, alors que les produits ultra-transformés se sont beaucoup diversifiés pendant les années de suivi. Le résultat ne dit rien des autres effets possibles de ces aliments, par exemple sur le poids ou le diabète.
Pour le comptoir, le message reste simple et constant : privilégier les fibres, les céréales complètes et les produits peu transformés, et limiter la charcuterie. Le dépistage du cancer colorectal, à partir de l'âge recommandé par le médecin, demeure l'outil le plus efficace de prévention.