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Économie

Accès aux soins au Maroc : 73 % redoutent de ne pas pouvoir se soigner

Selon l'enquête Afrobarometer publiée fin septembre, 73 % des Marocains craignent de ne pas pouvoir se soigner, mais 48 % seulement accepteraient plus d'impôts.

Accès aux soins au Maroc : 73 % redoutent de ne pas pouvoir se soigner
Hamza Izourane — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Près de trois Marocains sur quatre (73 %) s'inquiètent de ne pas pouvoir obtenir ou payer les soins dont eux-mêmes ou un proche pourraient avoir besoin. C'est l'un des enseignements d'une vaste enquête du réseau Afrobarometer, publiée fin septembre 2026. Elle montre aussi que les Marocains sont parmi les plus réservés du continent face à l'idée de financer la santé pour tous par une hausse des impôts.

Une enquête dans 38 pays africains

Afrobarometer est un réseau panafricain et indépendant de recherche par sondage, qui interroge depuis 1999 les citoyens africains sur la démocratie, la gouvernance et leur qualité de vie. Ses enquêteurs mènent des entretiens en face à face, dans la langue choisie par la personne interrogée, auprès d'échantillons représentatifs de chaque pays.

Le document, rédigé par Kofi Otu-Beecham et Kamal Yakubu, s'appuie sur la dixième vague d'enquêtes (2024-2025) : 50 961 entretiens dans 38 pays. Au Maroc, le terrain a eu lieu en février et mars 2024. La marge d'erreur annoncée au niveau national est de 2 à 3 points.

Les chiffres du Maroc

• 73 % des Marocains se disent « plutôt » ou « très » inquiets de ne pas pouvoir se soigner, un niveau proche de la moyenne des 38 pays (74 %). • 48 % sont d'accord pour que l'État garantisse des soins adéquats à tous, même si cela exige plus d'impôts. C'est l'avant-dernier score, juste devant Maurice (45 %), loin de la moyenne africaine (70 %) et du Gabon (89 %). • Parmi les personnes passées par un centre de santé ou un hôpital public dans l'année, 46 % ont trouvé « facile » ou « très facile » d'obtenir les soins nécessaires (49 % en moyenne). • 17 % seulement estiment que la plupart ou la totalité des agents des impôts sont corrompus, l'un des taux les plus bas de l'enquête (41 % en moyenne).

Comment lire ces résultats

Les auteurs invitent à interpréter ces écarts selon le contexte de chaque pays. Là où une couverture publique existe déjà, la question revient à demander un impôt supplémentaire pour un service en partie fourni ; ailleurs, elle porte sur un service qui reste à créer. Le Maroc, engagé dans la généralisation de l'assurance maladie obligatoire (AMO), relève plutôt du premier cas.

À l'échelle du continent, l'étude dégage une leçon claire : l'adhésion à un financement solidaire de la santé grandit avec la qualité perçue des services et la confiance dans le ministère de la Santé. Elle recule quand les citoyens jugent l'administration fiscale corrompue, ou quand ils ont déjà dû renoncer à des soins trop chers.

Pour le système de santé marocain, le message est encourageant autant qu'exigeant : la confiance dans l'administration fiscale est relativement élevée, et chaque amélioration concrète de l'accueil, de la disponibilité des médicaments et des délais de prise en charge peut renforcer l'adhésion des citoyens au financement collectif de leur santé.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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