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Cancer du côlon de stade III : la FDA autorise Tecentriq en adjuvant

La FDA autorise l'atezolizumab (Tecentriq) avec la chimiothérapie après chirurgie d'un cancer du côlon de stade III dMMR : un risque de rechute réduit de moitié.

Cancer du côlon de stade III : la FDA autorise Tecentriq en adjuvant
Nephron — CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le 8 octobre 2026, l'agence américaine des médicaments (FDA) a autorisé l'atezolizumab, commercialisé sous le nom de Tecentriq (laboratoire Roche), après l'opération d'un cancer du côlon de stade III dit « dMMR ». Il s'utilise en association avec une chimiothérapie à base de fluoropyrimidine et d'oxaliplatine. L'autorisation vise les adultes et les enfants à partir de 2 ans.

Un cancer particulier, une immunothérapie ciblée

Le stade III signifie que la tumeur a atteint les ganglions voisins, sans métastases à distance. « dMMR » désigne un déficit du système de réparation des erreurs de l'ADN dans les cellules tumorales (« mismatch repair deficient »). Ces tumeurs accumulent des anomalies et sont repérables par le système immunitaire, ce qui les rend sensibles à l'immunothérapie.

L'atezolizumab est un anticorps qui bloque la protéine PD-L1. Cette protéine sert de « bouclier » aux cellules cancéreuses contre les lymphocytes, les cellules de défense de l'organisme. En la neutralisant, le médicament permet au système immunitaire d'attaquer la tumeur.

Ce que montre l'essai ATOMIC

L'autorisation repose sur l'essai de phase 3 ATOMIC, mené par le Dr Frank Sinicrope (Mayo Clinic, États-Unis) et publié dans le New England Journal of Medicine le 27 mars 2026. Il a inclus environ 712 patients opérés d'un cancer du côlon de stade III dMMR, répartis au hasard entre deux groupes :

• chimiothérapie mFOLFOX6 seule pendant 6 mois ; • mFOLFOX6 avec atezolizumab pendant 6 mois, puis atezolizumab seul jusqu'à 12 mois au total.

La FDA rapporte un rapport de risque de 0,50 pour la survie sans maladie, c'est-à-dire un risque de rechute ou de décès divisé par deux. À trois ans, 86,4 % des patients du groupe atezolizumab n'avaient ni rechute ni décès, contre 76,6 % avec la chimiothérapie seule. La médiane n'est atteinte dans aucun des deux groupes : le suivi se poursuit.

Effets indésirables et vigilance

Les effets graves de grade 3-4 sont un peu plus fréquents avec l'association (84 % contre 72 %), notamment fatigue, baisse des globules blancs (neutropénie) et troubles digestifs. Les effets liés à l'immunité, où le système de défense s'en prend à des organes sains, sont plus fréquents mais les formes sévères restent peu courantes. La FDA signale aussi des réactions à la perfusion, des complications en cas de greffe de cellules souches et un risque pour le fœtus.

Une forme sous-cutanée, Tecentriq Hybreza (atezolizumab avec hyaluronidase), est également autorisée dans cette indication, à partir de 12 ans et 40 kg.

Et au Maroc ?

Il s'agit d'une décision américaine. Aucune information officielle sur une demande ou une disponibilité au Maroc n'a été trouvée à ce jour. Pour les pharmaciens, l'intérêt est de suivre l'évolution des protocoles d'oncologie digestive et de repérer très tôt le test dMMR, qui conditionne ce traitement.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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