Chaque rubrique reprend, sans reformulation, le texte officiel d'une spécialité de référence (par exemple LAMPRENE 50 mg, capsule molle) : les noms de marque qui y figurent sont ceux de ce texte. Texte le plus récent : 16 juillet 2024.
Indications
LAMPRENE 50 mg, capsule molle est indiqué chez les adultes, adolescents (âgés de 15 ans et plus), enfants (âgés de 10 à 14 ans et âgés de moins de 10 ans).
Traitement des formes multibacillaires de la lèpre (maladie de Hansen) en association avec la dapsone et la rifampicine : index bacillaire ≥ 1+, soit 1 à 10 bacilles ou plus dans 100 champs à l’examen microscopique d’un prélèvement cutané ou, présence de plus de 5 lésions cutanées spécifiques.
Traitement de l’érythème noueux lépreux chronique ou corticodépendant.
La polychimiothérapie (association de clofazimine, rifampicine et de dapsone, notamment) est nécessaire pour prévenir l'apparition de souches résistantes de Mycobacterium leprae.
Il convient de tenir compte des recommandations officielles concernant l’utilisation appropriée des antibactériens.
Contre-indications
Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
En raison de la présence d’huile de soja, ce médicament est contre-indiqué en cas d'allergie à l'arachide ou au soja.
Grossesse Prudence
⚠ Divergence FR/US — Dans la lèpre, les bénéfices de la polychimiothérapie sont jugés largement supérieurs aux risques et l'OMS recommande de la poursuivre pendant la grossesse ; pas d'effet tératogène chez l'animal mais effets indésirables fœtaux, et coloration brunâtre réversible du nouveau-né observée.
Divergence entre sources. Divergence entre les sources française et américaine. Se référer au résumé des caractéristiques du produit.
Il est généralement admis qu’au cours du traitement de la lèpre lors de la grossesse, les bénéfices de la polychimiothérapie (incluant LAMPRENE) sont largement supérieurs aux risques potentiels.
Pour la grossesse, voir aussi le Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT).
Allaitement Déconseillé
⚠ Divergence FR/US — Passe dans le lait (coloration cutanée de l'enfant) ; l'OMS recommande de poursuivre le traitement, mais une décision doit être prise quant à l'arrêt de l'allaitement selon ses bienfaits et les effets indésirables potentiels chez le nourrisson.
Divergence entre sources. Divergence entre les sources française et américaine. Se référer au résumé des caractéristiques du produit.
Une décision doit être prise quant à l’arrêt de l’allaitement en tenant compte des bienfaits de l'allaitement sur la santé et le développement et des effets indésirables potentiels de LAMPRENE chez le nourrisson allaité.
Les résumés sur la grossesse et l'allaitement sont établis automatiquement à partir des sources ci-dessous, chacun avec une citation vérifiée mot pour mot. En cas de divergence entre sources ou de doute, le résumé des caractéristiques du produit fait foi.
Mises en garde et précautions d'emploi
Observance du traitement
LAMPRENE ne doit jamais être administré en monothérapie pour traiter la lèpre. La clofazimine doit être administrée en association avec la rifampicine et la dapsone selon les doses recommandées en rubrique 4.2. La polychimiothérapie est nécessaire pour prévenir l'apparition de souches résistantes de Mycobacterium leprae.
Les patients doivent être informés de l’importance d’une bonne observance du traitement prescrit pour prévenir l’apparition d’une résistance au traitement. Une administration irrégulière du traitement et une mauvaise observance peuvent retarder la guérison ou la rendre incomplète, le patient devenant alors une source de contamination. Une mauvaise observance peut à terme conduire au développement d’infirmités et à des déformations. À chaque fois que cela est possible, il est nécessaire de s’assurer que les patients non-observants sont correctement évalués, reçoivent une éducation sanitaire appropriée et que leur traitement est bien supervisé.
Les patients doivent être éduqués à reconnaître les signes d'une réaction au traitement et d'une rechute de la maladie à l'arrêt du traitement, et doivent être sensibilisés à l’importance d'informer rapidement le centre de soins dont ils dépendent, dès les premières manifestations de ces symptômes.
Réactions lépreuses
L’OMS recommande de ne jamais interrompre la polychimiothérapie lors de réactions lépreuses. Se référer à la rubrique 4.2 pour connaître la dose de LAMPRENE à administrer chez les patients qui développent des réactions d’érythèmes noueux lépreux (ENL) chronique ou corticodépendant. Certaines données indiquent que la fréquence et la sévérité d’un ENL auraient tendance à diminuer chez les patients atteints de lèpre multibacillaire traités par polychimiothérapie. Ceci pourrait être lié aux propriétés anti-inflammatoires de la clofazimine. Néanmoins, des augmentations passagères et inexpliquées du nombre de réactions inverses ont aussi été observées chez des patients ayant une lèpre multibacillaire, le plus souvent au cours de la première année de traitement par une polychimiothérapie.
Les réactions lépreuses répondent habituellement de manière satisfaisante aux traitements anti-inflammatoires classiques (prednisolone).
Accumulation de la clofazimine
Le dépôt d’importantes quantités de clofazimine dans la muqueuse intestinale provoque des irritations à l’origine de troubles gastro-intestinaux (ex. : douleurs abdominales (parfois intermittentes), nausées, vomissements et diarrhées), d'intensité habituellement modérée, mais pouvant parfois être plus sévères en cas de posologie plus élevée (200-300 mg/j) et prolongée (plus de 6 mois). La clofazimine présente un profil de distribution hétérogène dans l’organisme et son élimination est lente. La clofazimine s’accumule principalement dans le tissu adipeux, le système réticulo-endothélial (macrophages, histiocytes et rate) et dans la peau. Les effets indésirables de la clofazimine sont principalement liés à sa recapture par les tissus et organes. C'est pourquoi l’administration de fortes doses sur de longues périodes doit être évitée. Des doses quotidiennes de clofazimine supérieures à 100 mg doivent être administrées le moins longtemps possible (<3 mois) et uniquement sous surveillance médicale étroite (voir rubrique 4.2, paragraphe « Patients présentant un érythème noueux lépreux (ENL) chronique ou corticodépendant »).
Après une administration prolongée de fortes doses, la clofazimine peut s’accumuler dans plusieurs organes, liquides corporels et tissus sous la forme de cristaux. Dans les viscères, les dépôts les plus importants se situent au niveau du jéjunum, puis de la rate. Le dépôt de cristaux dans les ganglions lymphatiques mésentériques, et/ou les histiocytes de la lamina propria de la muqueuse jéjunale, peut conduire à une obstruction intestinale. Des décès consécutifs à la survenue d’effets indésirables gastro-intestinaux ont été rapportés.
Si des troubles gastro-intestinaux surviennent pendant le traitement, il faut réduire la dose ou espacer les prises. Les symptômes peuvent régresser lentement à l'arrêt du traitement. En cas de diarrhée ou de vomissements persistants, il faut hospitaliser le malade.
Modification de la coloration de la peau
Les médecins devront être informés qu’une dyschromie cutanée due au LAMPRENE peut entraîner une dépression (2 cas de suicide dans un contexte dépressif ont été rapportés).
Les patients doivent être informés d’une possible coloration anormale de la conjonctive, du liquide lacrymal, de la sueur, des expectorations, des urines, des fèces, du sperme, du lait maternel, des cheveux et d’une coloration cutanée rougeâtre à brun foncé. Les patients devront être informés que la coloration cutanée est réversible mais cela peut prendre plusieurs mois ou années pour disparaître après l’arrêt du traitement par LAMPRENE.
Torsades de pointe et allongement de l’intervalle QT
Des cas de torsades de pointe avec un allongement du QT ont été rapportés chez des patients traités par la clofazimine à des doses supérieures aux doses habituellement recommandées ou en association avec des médicaments allongeant l’intervalle QT. La prudence est donc requise lors du traitement de ces patients. Chez les patients traités par la clofazimine à une posologie supérieure à celle habituellement recommandée ou de façon concomitante avec un médicament susceptible d’allonger l’intervalle QT, des ECG doivent être régulièrement réalisés afin de détecter les allongements du QT et les troubles du rythme cardiaque.
Autres
Ce médicament contient du « Parahydroxybenzoate » et peut provoquer des réactions allergiques (éventuellement retardées).
Ce médicament contient de l’huile de soja et peut provoquer des réactions d’hypersensibilité (urticaire, choc anaphylactique).
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par comprimé c'est-à-dire qu'il est essentiellement "sans sodium".
Interactions médicamenteuses
+ Rifampicine
La biodisponibilité de la rifampicine n’est pas affectée par la prise concomitante de clofazimine.
+ Bédaquiline
L’administration concomitante de clofazimine et de bédaquiline peut entraîner un allongement de l’intervalle QT. Par conséquent, la prudence est requise lors de l’administration concomitante, à des doses thérapeutiques, de bédaquiline et de clofazimine.
Effets indésirables
Affections hématologiques et du système lymphatique 2
- Très rare (< 1/10 000)
- Infarctus splénique
- agranulocytose
Troubles du métabolisme et de la nutrition 1
- Fréquence indéterminée
- Acidose métabolique
Affections psychiatriques 1
- Très rare (< 1/10 000)
- Dépression due à la coloration cutanée
Affections du système nerveux 2
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100)
- Céphalées
- Rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000)
- Somnolence
Affections oculaires 3
- Très fréquent (≥ 1/10)
- Coloration de la conjonctive et des larmes et pigmentation de la cornée
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- Troubles de la vision tels que diminution de l’acuité visuelle, défaut du champ visuel, trouble de l’adaptation à la vision de jour et de nuit, sécheresse et irritation oculaire
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100)
- Pigmentation de la macula
Affections cardiaques 1
- Très rare (< 1/10 000)
- Torsades de pointe
Affections vasculaires 1
- Très rare (< 1/10 000)
- Lymphœdème
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales 1
- Fréquence indéterminée
- Expectoration teintée
Affections gastro-intestinales 10
- Très fréquent (≥ 1/10)
- Nausées
- vomissements
- douleurs abdominales
- diarrhées
- coloration des fèces
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100)
- Diminution de l’appétit
- entéropathie par dépôts de cristaux dans la muqueuse digestive
- Fréquence indéterminée
- Occlusion intestinale
- gêne abdominale
- douleurs abdominales hautes
Affections de la peau et du tissu sous-cutané 10
- Très fréquent (≥ 1/10)
- Coloration anormale de la sueur
- dyschromie cutanée
- modification de la couleur des cheveux
- ichtyose
- sécheresse cutanée
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- Rash
- prurit
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100)
- Réactions de photosensibilité
- dermatite acnéiforme
- Fréquence indéterminée
- Dermatite exfoliative
Affections du rein et des voies urinaires 1
- Très fréquent (≥ 1/10)
- Chromaturie
Affections des organes de reproduction et du sein 1
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- Coloration du lait maternel
Troubles généraux et anomalies au site d’administration 1
- Rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000)
- Asthénie
Investigations 2
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- Perte de poids
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100)
- Elévation de la glycémie
Texte complet du résumé des caractéristiques du produit
Les effets indésirables sont présentés par Système Organe Classe et par fréquence en utilisant les catégories suivantes : très fréquent (≥1/10), fréquent (≥1/100, <1/10), peu fréquent (≥1/1 000, <1/100), rare (≥1/10 000, <1/1 000), très rare (<1/10 000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Tableau 2. Résumé des effets indésirables de la clofazimine
Affections hématologiques et du système lymphatique
Très rare :
|
Infarctus splénique, agranulocytose
Troubles du métabolisme et de la nutrition
Fréquence indéterminée :
|
Acidose métabolique
Affections psychiatriques
Très rare :
|
Dépression due à la coloration cutanée
Affections du système nerveux
Peu fréquent :
|
Céphalées
Rare :
|
Somnolence
Affections oculaires
Très fréquent :
|
Coloration de la conjonctive et des larmes et pigmentation de la cornée
Fréquent :
|
Troubles de la vision tels que diminution de l’acuité visuelle, défaut du champ visuel, trouble de l’adaptation à la vision de jour et de nuit, sécheresse et irritation oculaire
Peu fréquent :
|
Pigmentation de la macula
Affections cardiaques
Très rare :
|
Torsades de pointe
Affections vasculaires
Très rare :
|
Lymphœdème
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Fréquence indéterminée :
|
Expectoration teintée
Affections gastro-intestinales
Très fréquent :
|
Nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhées, coloration des fèces
Peu fréquent :
|
Diminution de l’appétit, entéropathie par dépôts de cristaux dans la muqueuse digestive
Fréquence indéterminée :
|
Occlusion intestinale, gêne abdominale, douleurs abdominales hautes
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
Très fréquent :
|
Coloration anormale de la sueur, dyschromie cutanée, modification de la couleur des cheveux, ichtyose, sécheresse cutanée
Fréquent :
|
Rash, prurit
Peu fréquent :
|
Réactions de photosensibilité, dermatite acnéiforme
Fréquence indéterminée :
|
Dermatite exfoliative
Affections du rein et des voies urinaires
Très fréquent :
|
Chromaturie
Affections des organes de reproduction et du sein
Fréquent :
|
Coloration du lait maternel
Troubles généraux et anomalies au site d’administration
Rare :
|
Asthénie
Investigations
Fréquent :
|
Perte de poids
Peu fréquent :
|
Elévation de la glycémie
La pigmentation rougeâtre à brun foncé de la peau et des lésions lépreuses cutanées particulièrement chez les sujets à peau claire sur les zones découvertes, et la modification de la couleur des cheveux, sont réversibles, mais souvent la pigmentation cutanée ne disparaît complètement que plusieurs mois ou années après l'arrêt du traitement. Chez les sujets à peau noire, cette pigmentation peut prendre une couleur gris-noirâtre. Possibilité de pigmentation définitive sur d’anciennes lésions. La pigmentation de la cornée (pigmentation brune sous-épithéliale) est due à des dépôts de cristaux. Ce trouble est réversible à l’arrêt du traitement. Certains des effets indésirables de la clofazimine sont principalement liés à sa recapture par des tissus et organes (voir rubrique 4.4).
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr
Surdosage
Des cas de torsades de pointe avec un allongement du QT ont été rapportés à la suite d’un surdosage en clofazimine (voir rubrique 4.4, paragraphe « Torsades de pointe et allongement de l’intervalle QT »).
Il n'existe pas de données spécifiques concernant le traitement du surdosage par LAMPRENE.
Il est recommandé d’effectuer une vidange gastrique par vomissements provoqués ou lavage.
Un traitement symptomatique sera prescrit si nécessaire.