Chaque rubrique reprend, sans reformulation, le texte officiel d'une spécialité de référence (par exemple KETAMINE PANPHARMA 10 mg/mL, solution injectable (I.V.-I.M.)) : les noms de marque qui y figurent sont ceux de ce texte. Texte le plus récent : 19 décembre 2025.
Indications
EN ANESTHESIE :
Générales :
La kétamine peut être utilisée :
• soit comme agent anesthésique unique : particulièrement adapté aux interventions de courte durée, il permet également, grâce à des injections répétées ou à son utilisation en perfusion intraveineuse, d’obtenir une anesthésie prolongée durant plusieurs heures ;
• soit comme inducteur d’anesthésie avant l’administration d’autres agents anesthésiques ;
• soit comme potentialisateur d’agents anesthésiques de faible puissance, tel le protoxyde d’azote.
Obstétricales :
La kétamine peut être utilisée seule ou en association avec d’autres anesthésiques.
EN ANALGESIE :
Douleur aiguë :
• Douleur en peropératoire : comme adjuvant lors d’une chirurgie à risque de douleur aiguë intense ou pourvoyeuse de douleur chronique post-chirurgicale (DCPC) ou chez les patients vulnérables à la douleur (en particulier, patients sous opioïdes au long cours ou présentant une addiction aux opiacés).
• Douleur aiguë en médecine d’urgence en cas d’inefficacité de la morphine ou si elle est non souhaitable.
• Analgésie pour des soins douloureux en soins intensifs ou en situation palliative : épisode de douleur aiguë nécessitant une analgésie de courte durée et rapidement réversible après échec des thérapeutiques habituelles (opioïdes, MEOPA), et si une anesthésie générale dans un bloc opératoire ne peut être organisée.
Douleur chronique :
• Douleurs neuropathiques réfractaires sévères, après échec des traitements recommandés.
• Douleurs rebelles en situation palliative avancée en association à un traitement opioïde, lorsque celui-ci est insuffisant ou mal toléré.
Contre-indications
• Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
• Hypertension artérielle
• Insuffisance cardiaque sévère
Grossesse À éviter au 1er trimestre
⚠ Divergence FR/US — Pas d'effet tératogène chez l'animal mais toxicité sur la reproduction ; préférable de ne pas utiliser au 1er trimestre, utilisation aux 2e et 3e trimestres seulement si nécessaire (dose maximale conseillée 1,5 mg/kg).
Divergence entre sources. Divergence entre les sources française et américaine. Se référer au résumé des caractéristiques du produit.
En conséquence, par mesure de précaution, il est préférable de ne pas utiliser la kétamine pendant le premier trimestre de la grossesse, l’utilisation de la kétamine ne doit être envisagée au cours des 2ème et 3ème trimestres de la grossesse que si nécessaire.
Pour la grossesse, voir aussi le Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT).
Allaitement Contre-indiqué
⚠ Divergence FR/US — Expérience insuffisante ; la kétamine ne doit pas être utilisée pendant l'allaitement.
Divergence entre sources. Divergence entre les sources française et américaine. Se référer au résumé des caractéristiques du produit.
La kétamine ne doit donc pas être utilisée pendant l'allaitement.
Les résumés sur la grossesse et l'allaitement sont établis automatiquement à partir des sources ci-dessous, chacun avec une citation vérifiée mot pour mot. En cas de divergence entre sources ou de doute, le résumé des caractéristiques du produit fait foi.
Mises en garde et précautions d'emploi
• En anesthésie, vacuité gastrique plusieurs heures avant l’intervention.
• Prémédication vagolytique.
• En cas de chirurgie viscérale, une analgésie complémentaire peut être nécessaire.
• Utilisation prudente en cas d’hypertension intracrânienne.
En cas d’antécédent d’accident vasculaire cérébral, l’anesthésique restera seul juge de l’opportunité d’utilisation (en général à dose unique).
La fréquence des réactions psychomimétiques à la phase d’émergence (rêves agréables ou désagréables, hallucinations, délire), d’un état de désorientation temporo-spatiale ou d’excitation est considérablement diminuée par l’absence de stimulation auditive, visuelle et tactile, et par l’administration préalable de diazépam ou de dropéridol.
Usage abusif de médicaments et pharmacodépendance
Il a été rapporté que la kétamine était utilisée comme stupéfiant. Des rapports suggèrent que la kétamine produit divers symptômes, parmi lesquels flashbacks, hallucinations, dysphorie, anxiété, insomnie ou désorientation. Des effets indésirables ont également été rapportés : voir « Mise en garde particulière en cas d’utilisation à long terme, d’abus ou de mésusage ».
Une dépendance et une tolérance à la kétamine peuvent se développer chez les personnes ayant des antécédents de toxicomanie ou de pharmacodépendance. Par conséquent, la kétamine doit être prescrite et administrée avec prudence.
Mises en garde particulières en cas d’utilisation à long terme, d’abus ou de mésusage
Atteintes uro-néphrologiques : des complications urinaires telles que cystite non infectieuse, cystite interstitielle (syndrome de la vessie douloureuse), cystite hémorragique, insuffisance rénale aiguë, troubles urétéraux et atteinte rénale liée à une obstruction haute (hydronéphrose) ont été objectivées dans des situations d’exposition prolongée allant de 1 mois à plusieurs années, en particulier en cas d’abus de kétamine et de mésusage. Les douleurs pelviennes imposent généralement l’arrêt de la kétamine.
Atteintes endocriniennes : Des augmentations de la cortisolémie ou de la prolactinémie, ont été objectivées dans des contextes d’abus ou de mésusage, notamment. Un suivi biologique peut être nécessaire.
Atteintes hépatiques : Des cas d'atteinte hépatique, notamment cholestatique de type cholangite, pouvant être sévères ont été rapportés dans des contextes d'utilisations prolongées (> 3 jours) et/ou répétées ou dans des contextes d'abus ou de mésusage. Dans certains cas d'utilisation très prolongée à des doses élevées, ces atteintes ont conduit à des transplantations hépatiques.
Surveillance en cas d’utilisation prolongée ou répétée : En raison de la toxicité dose-dépendante et du phénomène de tolérance, il est impératif de surveiller régulièrement le patient : surveillance biologique, en particulier un bilan hépatique complet (dont transaminases, phosphatases alcalines, gamma glutamyl-transférases (GGT) et bilirubine) pour documenter une atteinte cholestatique témoin d’une atteinte biliaire. L'arrêt du traitement devra être envisagé en cas de perturbations du bilan hépatique.
Interactions médicamenteuses
La phase de récupération peut être prolongée si des barbituriques ou des analgésiques narcotiques sont employés en concomitance avec la kétamine.
La kétamine peut potentialiser le blocage neuromusculaire de l’atracurium et de la tubocurarine incluant une dépression respiratoire avec apnée.
L’administration concomitante de la kétamine avec des agents anesthésiques halogénés peut prolonger la demi-vie d’élimination de la kétamine et retarder la phase de récupération.
L’administration concomitante de kétamine (surtout à doses élevées ou par une administration rapide) avec des agents anesthésiques halogénés augmente le risque de bradycardie, d’hypotension ou de réduction du débit cardiaque.
Il a été rapporté que la kétamine peut antagoniser l’effet hypnotique du thiopental.
Une hypertension artérielle et une tachycardie peuvent survenir lorsque la kétamine est administrée en même temps que des hormones thyroïdiennes ou des sympathicomimétiques à action directe ou indirecte.
L’utilisation concomitante des agents hypertenseurs avec la kétamine augmente le risque de développer une hypotension.
L'administration concomitante de théophylline peut entraîner une baisse du seuil convulsif.
Effets indésirables
Affections du système immunitaire 2
- Fréquence indéterminée
- réaction d’hypersensibilité
- choc
Affections psychiatriques 9
- Très fréquent (≥ 1/10)
- hallucinations
- cauchemars
- désorientation
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- anxiété
- dysphorie
- Fréquence indéterminée
- retours en arrière (flashbacks)
- insomnie
- troubles dissociatifs
- pharmacodépendance
Affections du système nerveux 2
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- mouvements toniques ou cloniques
- Fréquence indéterminée
- augmentation de courte durée de la pression intracrânienne
Affections oculaires 3
- Très fréquent (≥ 1/10)
- nystagmus
- Fréquence indéterminée
- diplopie
- variation de la pression intraoculaire
Affections cardiaques et vasculaires 3
- Très fréquent (≥ 1/10)
- élévation de l’ordre de 15 à 25% de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- hypotension
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100)
- troubles du rythme cardiaque
Affections respiratoires 4
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- dépression respiratoire modérée et transitoire — notamment après injection IV rapide de fortes doses
- apnée — notamment après injection IV rapide de fortes doses
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100)
- laryngospasme
- Fréquence indéterminée
- bronchospasme
Affections gastro-intestinales 3
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- nausées
- vomissements
- hypersalivation
Affections hépatobiliaires 3
- Fréquence indéterminée
- test hépatique anormal
- cholangite — dans des contextes d’utilisation prolongée (> 3 jours) et/ou répétée, à des posologies élevées ou en cas d’abus
- cholestase — dans des contextes d’utilisation prolongée (> 3 jours) et/ou répétée, à des posologies élevées ou en cas d’abus
Affections du rein et des voies urinaires 6
- Fréquence indéterminée
- hématurie — en particulier en cas d’abus de kétamine et de mésusage
- insuffisance rénale aigüe — en particulier en cas d’abus de kétamine et de mésusage
- cystite non infectieuse — en particulier en cas d’abus de kétamine et de mésusage
- cystite interstitielle — en particulier en cas d’abus de kétamine et de mésusage
- cystite hémorragique — en particulier en cas d’abus de kétamine et de mésusage
- hydronéphrose — en particulier en cas d’abus de kétamine et de mésusage
Troubles généraux et anomalies au site d’administration 1
- Fréquence indéterminée
- érythème ou douleur et/ou rash morbilliforme au point d’injection
1
- Fréquence non précisée
- augmentations de la cortisolémie ou de la prolactinémie — dans des contextes d’abus ou de mésusage
Texte complet du résumé des caractéristiques du produit
Les effets indésirables sont listés par classe de système d’organes et fréquence : très fréquent (≥ 1/10) ; fréquent (≥ 1/100, < 1/10) ; peu fréquent (≥ 1/1000, < 1/100) ; rare (≥ 1/10000, < 1/1000) ; très rare (< 1/10000) et fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Affections du système immunitaire
Fréquence indéterminée
|
réaction d’hypersensibilité, choc
Affections psychiatriques
Très fréquent
|
hallucinations*, cauchemars, désorientation.
Fréquent
|
anxiété, dysphorie*
Fréquence indéterminée
|
retours en arrière (flashbacks)*, insomnie, troubles dissociatifs*
pharmacodépendance,.
Affections du système nerveux
Fréquent
|
mouvements toniques ou cloniques en rapport avec le maintien du tonus musculaire pendant la procédure anesthésique
Fréquence indéterminée
|
augmentation de courte durée de la pression intracrânienne. La monothérapie anesthésique et l’absence de ventilation contrôlée sont des facteurs favorisants.
Affections oculaires
Très fréquent
|
nystagmus
Fréquence indéterminée
|
diplopie, variation de la pression intraoculaire
Affections cardiaques et vasculaires
Très fréquent
|
élévation de l’ordre de 15 à 25% de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle
Fréquent
|
hypotension
Peu fréquent
|
troubles du rythme cardiaque
Affections respiratoires
Fréquent
|
dépression respiratoire modérée et transitoire ou une apnée, notamment après injection IV rapide de fortes doses
Peu fréquent
|
laryngospasme
Fréquence indéterminée
|
bronchospasme
Affections gastro-intestinales
Fréquent
|
nausées, vomissements, hypersalivation
Affections hépatobiliaires
Fréquence indéterminée
|
test hépatique anormal, cholangite, cholestase **
Affections du rein et des voies urinaires
Fréquence indéterminée
|
hématurie, insuffisance rénale aigüe, cystite non infectieuse, cystite interstitielle, cystite hémorragique, hydronéphrose***
Troubles généraux et anomalies au site d’administration
Fréquence indéterminée
|
érythème ou douleur et/ou rash morbilliforme au point d’injection
* peuvent conduire à l’usage détourné de la spécialité
** ont été rapportés dans des contextes d’utilisation prolongée (> 3 jours) et/ou répétée, à des posologies élevées ou en cas d’abus (voir rubrique 4.4)
*** ont été objectivées dans des situations d’exposition prolongée allant de 1 mois à plusieurs années, en particulier en cas d’abus de kétamine et de mésusage (voir rubrique 4.4)
Des augmentations de la cortisolémie ou de la prolactinémie, ont été objectivées dans des contextes d’abus ou de mésusage (voir rubrique 4.4).
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr/.
Surdosage
La marge de sécurité de la kétamine est importante. Toutefois, un surdosage peut déterminer un retard prolongé du réveil ou une dépression respiratoire généralement modérée et transitoire, pouvant imposer une ventilation assistée plutôt que l’utilisation d’analeptiques.