Chaque rubrique reprend, sans reformulation, le texte officiel d'une spécialité de référence (par exemple BLEOMYCINE HIKMA 15 mg, poudre pour solution injectable) : les noms de marque qui y figurent sont ceux de ce texte. Texte le plus récent : 1 juillet 2026.
Indications
• Carcinomes épidermoïdes.
• Lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens.
• Carcinomes testiculaires.
Contre-indications
• Hypersensibilité à la substance active (bléomycine) ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
• Insuffisance respiratoire sévère.
• Femme enceinte ou qui allaite.
• En association avec un vaccin vivant atténué et jusqu'à au moins six mois après l’arrêt de la chimiothérapie (voir rubrique 4.5).
• En association avec le brentuximab (voir rubrique 4.5).
Grossesse Contre-indiqué
La bléomycine est contre-indiquée pendant la grossesse (toxicité de reproduction) ; contraception efficace obligatoire jusqu'à 6 mois après l'arrêt chez la femme et 3 mois chez l'homme.
Source française seule.
En raison de sa potentielle toxicité sur la reproduction, BLEOMYCINE HIKMA est contre-indiquée pendant la grossesse (voir rubrique 4.3)
Pour la grossesse, voir aussi le Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT).
Allaitement Contre-indiqué
Passage dans le lait inconnu, risque non exclu : la bléomycine est contre-indiquée pendant l'allaitement.
Confirmé par les sources française et américaine.
BLEOMYCINE HIKMA est contre-indiquée pendant l’allaitement (voir rubrique 4.3).
Les résumés sur la grossesse et l'allaitement sont établis automatiquement à partir des sources ci-dessous, chacun avec une citation vérifiée mot pour mot. En cas de divergence entre sources ou de doute, le résumé des caractéristiques du produit fait foi.
Mises en garde et précautions d'emploi
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
BLEOMYCINE HIKMA doit être utilisé avec précaution chez les patients ayant une infection pulmonaire, ou une altération préexistante de la fonction pulmonaire, et chez les patients qui ont reçus une radiothérapie, particulièrement au thorax. La toxicité pulmonaire induite par la bléomycine est dose dépendante. La toxicité pulmonaire est la toxicité limitant la dose de bléomycine. Le risque de toxicité pulmonaire fatale est augmenté chez les personnes âgées (patients âgés de plus de 70 ans), chez les patients insuffisants rénaux, et chez les patients recevant des doses supérieures à celles recommandées, une irradiation pulmonaire concomitante ou antérieure, une administration concomitante d’oxygène, une chimiothérapie concomitante. Une surveillance étroite de la fonction pulmonaire est requise. En cas de complications pulmonaires (incluant une dyspnée, essoufflement, toux sèche), le traitement par BLEOMYCINE HIKMA doit être interrompu et un traitement approprié doit être administré (voir rubrique 4.8).
En cas d'anesthésie nécessitant une assistance ventilatoire, il est recommandé d'éviter la ventilation par oxygène pur qui augmente le risque de toxicité pulmonaire (fibrose en particulier).
Il est recommandé de vérifier régulièrement l'état du parenchyme pulmonaire pour dépister tout risque de lésions à type de fibrose.
La toxicité pulmonaire est moins importante avec la voie continue. La prévention de ces fibroses demande une surveillance régulière, tant clinique que fonctionnelles respiratoires. Elles peuvent exceptionnellement survenir pour des doses cumulatives faibles.
Affections vasculaires
Des accidents thromboemboliques artériels (tels que infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral ischémique) et des accidents thromboemboliques veineux (tels que thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire), parfois fatals ont été rapportés chez des patients traités par BLEOMYCINE HIKMA, généralement en association avec d'autres anticancéreux. Les patients doivent être informés de contacter immédiatement leur médecin en cas de symptômes d'accidents thromboemboliques (voir rubrique 4.8).
Affections hématologiques et du système lymphatique
Une leucémie myéloïde aiguë et un syndrome myélodysplasique ont été signalés chez des patients qui avaient reçu la bléomycine en association avec d’autres agents anticancéreux.
En cas de microangiopathie thrombotique (incluant un syndrome hémolytique et urémique), le traitement par la bléomycine doit être immédiatement interrompu et un traitement doit être rapidement instauré (voir rubrique 4.8).
Des cas de leucémie myéloïde aiguë et de syndrome myélodysplasique ont été rapportés chez des patients traités par la bléomycine en association avec d'autres agents antinéoplasiques.
Affections du système immunitaire
En cas de réactions allergiques graves, réactions anaphylactoïdes, ou réactions idiosyncrasiques, le traitement par la bléomycine doit être immédiatement interrompu, car ces évènements peuvent être potentiellement fatals (voir rubrique 4.8).
Affections gastro-intestinales
Les symptômes gastro-intestinaux peuvent être des manifestations précoces de toxicité gastro-intestinale grave (voir rubrique 4.8).
Affections du rein et des voies urinaires
Insuffisance rénale
BLEOMYCINE HIKMA doit être utilisé avec précaution chez les patients ayant une insuffisance rénale (clairance de la créatinine < 50 mL/min). Une surveillance attentive de la fonction rénale et un ajustement de la dose, si approprié, sont recommandés (voir rubrique 4.2 et ci-dessus « Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales »).
Vaccins vivants atténués
Les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués pendant un traitement par la bléomycine.
Les vaccins vivants atténués doivent être administrés au moins 4 semaines avant une thérapie immunosuppressive et la vaccination après un traitement par la bléomycine ne doit pas débuter avant au moins 6 mois après l’arrêt de la thérapie immunosuppressive.
Interactions avec d’autres médicaments (voir rubrique 4.5)
L’association de la bléomycine avec la phénytoïne et par extrapolation avec la fosphénytoïne n’est pas recommandée.
L’association de la bléomycine avec l’olaparib devra se faire avec précaution.
Interactions médicamenteuses
Interactions communes aux cytotoxiques
Associations contre-indiquées
+ Vaccins vivants atténués
Risque de maladie vaccinale généralisée mortelle.
L’association d’un cytotoxique avec un vaccin vivant atténué (VVA) est contre-indiquée pendant et jusqu'à au moins six mois après l’arrêt de la chimiothérapie à l’exception de l’hydroxycarbamide dans son indication chez le patient drépanocytaire.
Associations déconseillées
+ Phénytoïne (et par extrapolation, fosphénytoïne)
Risque de survenue de convulsions par diminution de l’absorption digestive de la phénytoïne par le cytotoxique, ou bien risque de majoration de la toxicité ou de perte d’efficacité du cytotoxique par augmentation de son métabolisme hépatique par la phénytoïne ou la fosphénytoïne.
Associations faisant l'objet de précautions d’emploi
+ Olaparib
L’olaparib en association avec d’autres agents antitumoraux tels que la bléomycine peut être associé à une augmentation du risque de myélosuppression.
+ Vincristine
L’activité de la bléomycine est renforcée par la vincristine.
+ Agents antitumoraux
L’administration de la bléomycine avec d’autres agents antitumoraux, tels que mais non limités à la cisplatine, le cyclophosphamide, la carmustine, la gemcitabine et les taxanes, et/ou en association avec l’administration d’oxygène sont des facteurs importants pouvant accroître l’incidence et la gravité de la toxicité pulmonaire telles qu’une pneumonie interstitielle ou une fibrose pulmonaire (voir rubrique 4.4).
+ Flucytosine
Le risque de toxicité hématologique est augmenté avec la flucytosine.
+ Antivitamines K
Augmentation du risque thrombotique et hémorragique au cours des affections tumorales. De surcroit, possible interaction entre les AVK et la chimiothérapie. Contrôle plus fréquent de l’INR.
Associations à prendre en compte
+ Immunosuppresseurs (tels que mais non limités à la ciclosporine, l’évérolimus, le tacrolimus, le temsirolimus, le sirolimus)
Immunodépression excessive avec risque de syndrome lymphoprolifératif.
Associations liées à la Bléomycine
Associations contre-indiquées
+ Brentuximab
Risque de majoration de la toxicité pulmonaire.
Associations à prendre en compte
L’utilisation concomitante d’agent néphrotoxique comme le CDDP altère l’élimination de la Bléomycine.
Effets indésirables
Affections du système immunitaire 5
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- réactions d’hypersensibilité
- Fréquence indéterminée
- éruptions
- anaphylaxies/ choc anaphylactique grave
- réactions anaphylactoïdes grave
- réactions idiosyncrasiques grave
Affections de la peau et du tissu sous-cutané 4
- Fréquence indéterminée
- lésions cutanéomuqueuses
- pigmentation cutanée (érythème flagellé)
- alopécies réversibles
- éruptions toxiques cutanées
Affection musculo-squelettiques et systémiques 1
- Fréquence indéterminée
- sclérodermie
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales 3
- Très fréquent (≥ 1/10)
- toxicité pulmonaire grave
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- maladie interstitielle pulmonaire
- fibrose pulmonaire grave
Affections des organes de reproduction et du sein 2
- Fréquence indéterminée
- aménorrhée
- azoospermie
Affections vasculaires 7
- Fréquence indéterminée
- accidents thromboemboliques artériels grave
- infarctus du myocarde
- accident vasculaire cérébral ischémique
- accidents thromboemboliques veineux grave
- thrombose veineuse profonde
- embolie pulmonaire
- syndrome de Raynaud pouvant évoluer vers la nécrose
Affections gastro-intestinales 10
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- nausée
- vomissement
- mucite
- Fréquence indéterminée
- diarrhée
- iléus paralytique
- ulcères gastro-intestinaux
- dysphagie
- anorexie
- douleur abdominale/douleur épigastrique
- stomatite
Affections hématologiques et du système lymphatique 2
- Fréquence indéterminée
- microangiopathie thrombotique potentiellement fatale (incluant un syndrome hémolytique et urémique) grave
- toxicité médullaire
Troubles généraux et anomalies au site d'administration 2
- Fréquence indéterminée
- nécrose au site d’injection
- réactions hyperthermiques
Texte complet du résumé des caractéristiques du produit
La classification des évènements indésirables en fonction de leur fréquence est la suivante : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100 et < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1000 et < 1/100), rare (≥ 1/10 000 et < 1/1000), très rare (< 1/10 000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Affections du système immunitaire
• Fréquent : réactions d’hypersensibilité telles que des éruptions (fréquence indéterminée) (voir rubriques 4.3 et 4.4).
• Fréquence indéterminée : réactions potentiellement fatales : anaphylaxies/ choc anaphylactique, réactions anaphylactoïdes, réactions idiosyncrasiques (voir rubrique 4.3 et 4.4).
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
• Fréquence indéterminée : lésions cutanéomuqueuses régressant spontanément à l’arrêt du traitement, pigmentation cutanée (érythème flagellé), alopécies réversibles (10 à 15 % des cas), éruptions toxiques cutanées.
Affection musculo-squelettiques et systémiques
• Fréquence indéterminée : sclérodermie.
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
• Très fréquent : toxicité pulmonaire incluant une maladie interstitielle pulmonaire (fréquent), qui peut progresser vers une fibrose pulmonaire (fréquent) potentiellement fatale.
La fibrose pulmonaire est l’effet indésirable le plus important. Elle est cumulative et survient en général après une dose totale de 300 mg ou plus tôt chez les patients à risques : sujet de plus de 70 ans, antécédent de radiothérapie pulmonaire, fonction rénale altérée, pathologie pulmonaire préexistante, exposition à de l’O2 à forte concentration (anesthésie).
• Cette toxicité est symptomatique dans 10 % des cas et mortelle dans 1 % des cas. Le risque augmente avec certaines combinaisons de chimiothérapie : M-BACOD où la vincristine semble majorer la toxicité. La toxicité pulmonaire est moins importante lorsque la bléomycine est administrée en perfusion IV continue.
• La prévention de ces fibroses demande une surveillance régulière, tant clinique que fonctionnelle respiratoire.
Elles peuvent exceptionnellement survenir pour des doses cumulatives faibles.
Affections des organes de reproduction et du sein
• Fréquence indéterminée : aménorrhée, azoospermie.
Affections vasculaires
• Fréquence indéterminée : accidents thromboemboliques artériels (tels que infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral ischémique) et des accidents thromboemboliques veineux (tels que thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire) parfois fatals, syndrome de Raynaud pouvant évoluer vers la nécrose.
Affections gastro-intestinales
• Fréquent : nausée, vomissement (voir rubrique 4.4).
• Fréquence indéterminée : diarrhée, iléus paralytique, des ulcères gastro-intestinaux (incluant un ulcère duodénal, du gros intestin/rectal ou gastrique), dysphagie, anorexie, douleur abdominale/douleur épigastrique (voir rubrique 4.4), lésions cutanéomuqueuses telles que mucite (fréquent) et stomatite (fréquence indéterminée) régressant spontanément à l'arrêt du traitement (voir rubrique 4.4).
Affections hématologiques et du système lymphatique
• Fréquence indéterminée : microangiopathie thrombotique potentiellement fatale (incluant un syndrome hémolytique et urémique) (voir rubrique 4.4), toxicité médullaire.
Ce médicament a peu d'effet myélo ou immunosuppresseur.
Troubles généraux et anomalies au site d'administration
• Fréquence indéterminée : nécrose au site d’injection, réactions hyperthermiques atténuées par les antihistaminiques.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr/
Surdosage
Il n’y a pas d’antidote connu à la Bléomycine. Les réactions aiguës observées après un surdosage se manifestent par de l'hypotension, de la fièvre, une accélération du pouls et des symptômes généraux de choc. Le traitement est symptomatique et consiste en un contrôle précis de la fonction respiratoire et des paramètres hématologiques.
En cas de complications respiratoires, le patient devra être traité par des corticostéroïdes et des antibiotiques à large spectre. Généralement, les réactions pulmonaires à un surdosage (fibrose) sont irréversibles, sauf en cas de diagnostic précoce. La bléomycine ne peut pas être éliminée par dialyse.