Voie systémique (orale ou injectable)
Chaque rubrique reprend, sans reformulation, le texte officiel d'une spécialité de référence (par exemple BICNU, poudre et solvant pour solution pour perfusion) : les noms de marque qui y figurent sont ceux de ce texte. Texte le plus récent : 17 septembre 2026.
Indications
BICNU est utilisé seul ou en association dans le traitement des :
• tumeurs cérébrales primitives ou secondaires,
• myélomes multiples,
• lymphomes hodgkiniens,
• lymphomes non hodgkiniens,
• mélanomes,
• conditionnement préalable à une greffe autologue de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) pour le traitement des maladies hématologiques malignes (Maladie de Hodgkin’s/lymphome Non-Hodgkinien).
Contre-indications
• Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
• Ne pas administrer aux personnes ayant présenté une diminution du nombre de plaquettes, leucocytes ou érythrocytes lors d'une précédente chimiothérapie ou pour d'autres causes (voir rubrique 4.4).
• Enfant de moins de 5 ans.
• Dans le cadre d’un conditionnement préalable à une greffe autologue de cellules souches hématopoïétiques (Forte dose), BICNU est contre-indiquée chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans
• Grossesse et allaitement (voir rubrique 4.6).
• En association avec les vaccins vivants atténués (voir rubrique 4.5).
Grossesse Contre-indiqué
Embryotoxique et tératogène chez l'animal : la carmustine est contre-indiquée pendant la grossesse et chez la femme en âge de procréer sans contraception efficace (jusqu'à 6 mois après le traitement).
Confirmé par les sources française et américaine.
Compte tenu des données disponibles, l'utilisation de carmustine est contre-indiquée au cours de la grossesse et chez la femme en âge de procréer n'utilisant pas de contraception efficace.
Pour la grossesse, voir aussi le Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT).
Allaitement Contre-indiqué
L'allaitement doit être interrompu pendant le traitement (contre-indication en rubrique 4.3).
Confirmé par les sources française et américaine.
En raison des potentiels effets indésirables graves pouvant survenir chez l'enfant nourri au sein, l'allaitement doit être interrompu pendant la prise de BICNU.
Les résumés sur la grossesse et l'allaitement sont établis automatiquement à partir des sources ci-dessous, chacun avec une citation vérifiée mot pour mot. En cas de divergence entre sources ou de doute, le résumé des caractéristiques du produit fait foi.
Mises en garde et précautions d'emploi
Toxicité pulmonaire : voir rubrique 4.8.
Les injections ne seront répétées que lorsque le nombre de plaquettes et de granulocytes sera redevenu acceptable, respectivement 100 000/mm3 et 4 000/mm3 habituellement après 6 semaines. Les numérations sanguines seront effectuées fréquemment et la cure suivante ne sera pas administrée avant 6 semaines du fait de la toxicité retardée. Les doses seront ajustées en fonction de la réponse hématologique du malade aux doses précédentes.
Le schéma suivant peut servir de guide pour ajuster les doses.
Après la 1ère dose
|
% 1ère dose à administrer pour renouvellement
Leucocytes
|
Plaquettes
|
> 4 000
|
> 100 000
|
100 %
3 000 - 3 999
|
75 000 - 99 999
|
100 %
2 000 - 2 999
|
25 000 - 74 999
|
70 %
< 2 000
|
< 25 000
|
50 %
Une myélosuppression sévère, pouvant survenir en raison de l'utilisation de carmustine à forte dose ou en association avec d'autres agents cytotoxiques, peut entraîner des infections opportunistes, y compris une pneumonie. De telles infections systémiques peuvent conduire à un sepsis et avoir, par la suite, des conséquences fatales ou mortelles. En cas de myélosuppression sévère, le patient doit être surveillé pour détecter tout signe ou symptôme d'infection.
Chez les patients traités par nitroso-urées, des cas de leucémies aiguës et de dysplasie de la moelle osseuse ont été rapportés.
Les fonctions rénale et hépatique doivent être surveillées régulièrement.
La carmustine peut entraîner des effets génotoxiques et provoquer des dégénérescences testiculaires chez plusieurs modèles animaux. Par conséquent, les hommes devant être traités par BICNU doivent être avertis du risque encouru en cas de conception d’un enfant pendant le traitement et jusqu’à 6 mois après le traitement. Une cryoconservation de leur sperme peut être envisagée avant le traitement en raison de la possibilité d’infertilité irréversible dû au traitement par BICNU.
Suite à un contact cutané accidentel avec la solution reconstituée, une hyperpigmentation transitoire des zones atteintes a été rapportée. En cas de contact de la poudre lyophilisée ou de la solution avec la peau ou les muqueuses, rincer immédiatement et abondamment à l’eau.
Ce médicament est déconseillé avec les vaccins vivants atténués, la phénytoïne ou la fosphénytoïne, avec la cimétidine utilisée à des doses supérieures ou égales à 800 mg/j (voir rubrique 4.5).
BICNU doit être administré en injection intraveineuse lente d’une durée comprise entre 1 à 2 heures.
Des réactions au site d'injection peuvent survenir durant l'administration du BICNU (voir rubrique 4.8). Compte-tenu du risque d'extravasation, il est recommandé de surveiller étroitement le site de perfusion pour rechercher des signes d'infiltration durant l'administration du produit. Il n'existe pas de traitement spécifique des réactions d'extravasation à ce jour.
BICNU contient de l’éthanol (alcool)
Ce médicament contient 2,4 g d’alcool (éthanol) par flacon reconstitué, ce qui correspond à 25,92 g par dose maximale (10 % vol).
La quantité contenue dans la dose maximale (600 mg/m² chez un patient de 70 kg) de ce médicament équivaut à 648 ml de bière ou 259 ml de vin.
L’alcool contenu dans cette préparation est susceptible d’avoir des effets chez les enfants. Ces effets peuvent inclure une somnolence et des modifications du comportement. Il peut également affecter leur capacité de concentration et leur participation aux activités physiques.
La quantité d’alcool contenue dans ce médicament peut affecter votre capacité à conduire des véhicules ou à utiliser des machines, car elle peut altérer votre jugement et votre rapidité de réaction.
Si vous souffrez d’épilepsie ou de problèmes hépatiques, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre ce médicament.
La quantité d’alcool contenue dans ce médicament peut modifier les effets d’autres médicaments. Informez votre médecin ou votre pharmacien si vous prenez d’autres médicaments.
Si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre ce médicament.
Si vous êtes dépendant à l’alcool, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre ce médicament.
Interactions médicamenteuses
Population pédiatrique
Les études d’interaction n’ont été réalisées que chez l’adulte.
INTERACTIONS COMMUNES A TOUS LES CYTOTOXIQUES
Associations contre-indiquées
+ Vaccins vivants atténués
Risque de maladie vaccinale généralisée mortelle. Contre-indication pendant le traitement et pendant les 6 mois suivant l'arrêt de la chimiothérapie
Associations déconseillées (voir rubrique 4.4)
+ Phénytoïne (et, par extrapolation, fosphénytoïne)
Risque de survenue de convulsions par diminution de l'absorption digestive de la seule phénytoïne par le cytotoxique, ou bien risque de majoration de la toxicité ou de perte d'efficacité du cytotoxique par augmentation de son métabolisme hépatique par la phénytoïne ou la fosphénytoïne.
+ Olaparib
Risque de majoration de l’effet myélosuppresseur du cytotoxique
Associations faisant l'objet de précautions d’emploi
+ Antivitamine K
Augmentation du risque thrombotique et hémorragique au cours des affections tumorales. De surcroit, possible interaction entre les AVK et la chimiothérapie. Un contrôle plus fréquent de l'INR est nécessaire
Associations à prendre en compte
+ Flucytosine
Risque de majoration de la toxicité hématologique
+ Immunosuppresseurs
Immunodépression excessive avec risque de syndrome lympho-prolifératif.
INTERACTION SPECIFIQUE A LA CARMUSTINE
Associations déconseillées
+ Cimétidine
Avec la cimétidine utilisée à des doses supérieures ou égales à 800 mg/j : toxicité médullaire accrue (inhibition du métabolisme de la carmustine).
Effets indésirables
9
- Fréquence non précisée
- fibrose pulmonaire grave — enfant
- Brûlures sur le trajet veineux
- rougeurs de la peau intenses — Des perfusions rapides
- Aménorrhée
- azoospermie
- neurorétinite
- douleur thoracique
- céphalées
- réactions allergiques
Troubles hématologiques principalement 6
- Fréquence non précisée
- Toxicité hématologique retardée
- thrombocytopénie
- leucopénie
- anémie
- leucémies aiguës — chez des malades recevant un traitement au long cours
- dysplasies médullaires — chez des malades recevant un traitement au long cours
Infections et infestations 1
- Fréquence non précisée
- infections opportunistes, incluant des pneumonies grave
Troubles gastro-intestinaux 2
- Très fréquent (≥ 1/10)
- mucites
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
- nausées et vomissements — dans les 2 heures suivant l'injection
Troubles respiratoires 6
- Fréquence non précisée
- toxicité pulmonaire grave
- infiltrats
- fibrose pulmonaire grave
- fibrose pulmonaire retardée
- pneumopathie inflammatoire
- pneumopathie interstitielle
Troubles hépatiques 1
- Rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000)
- élévations transitoires des transaminases, des phosphatases alcalines et de la bilirubine — Lors de l'administration de fortes doses
Troubles rénaux 3
- Fréquence non précisée
- diminution du volume rénal — après des doses élevées et prolongées
- azotémie — après des doses élevées et prolongées
- insuffisance rénale — après des doses élevées et prolongées
Troubles cardiovasculaires 2
- Fréquence non précisée
- Hypotension
- tachycardie
Réaction au point d'injection 6
- Fréquence non précisée
- toxicité locale des tissus mous
- gonflement
- douleur
- érythème
- sensation de brûlure
- nécrose de la peau
Texte complet du résumé des caractéristiques du produit
Population pédiatrique
Chez les patients ayant reçu de la carmustine durant l’enfance ou l’adolescence, des cas de fibrose pulmonaire apparue extrêmement tardivement (jusqu’à 17 ans après le traitement) ont été décrits. Une étude de suivi à long terme portant sur 17 patients ayant survécu à des tumeurs cérébrales durant l’enfance a montré que huit d’entre eux ont succombé à une fibrose pulmonaire. Deux de ces huit décès sont survenus au cours des trois premières années de traitement et six d’entre eux 8 à 13 ans après le traitement. L’âge médian des patients décédés au cours du traitement était de 2,5 ans (1-12 ans), l’âge médian des survivants à long terme sous traitement était de 10 ans (5- 16 ans). Tous les patients âgés de moins de 5 ans au moment du traitement sont décédés d’une fibrose pulmonaire ; ni la dose de carmustine, ni une dose supplémentaire de vincristine ni une irradiation spinale n’ont eu d’influence sur l’issue fatale. Une fibrose pulmonaire a été diagnostiquée chez tous les survivants disponibles pour un suivi.
Troubles hématologiques principalement :
Toxicité hématologique retardée caractérisée par une thrombocytopénie et par une leucopénie survenant respectivement 4 à 5 semaines et 5 à 6 semaines après l'injection. La thrombopénie est en général plus sévère que la leucopénie. Une anémie peut également se produire mais elle est en général moins sévère. Cette toxicité est dose-dépendante et peut devenir cumulative lorsque les traitements se répètent.
La survenue de leucémies aiguës ou de dysplasies médullaires a été signalée chez des malades recevant un traitement au long cours.
Infections et infestations
• Des cas d’infections opportunistes, incluant des pneumonies, ont été rapportés. Certains ont eu une évolution fatale.
Troubles gastro-intestinaux :
Fréquemment observés dans les 2 heures suivant l'injection : nausées et vomissements pouvant durer 4 à 6 heures, étant dose-dépendants et nécessitant l'utilisation d'antiémétiques.
L’apparition de mucites est également très fréquemment observée
Troubles respiratoires :
La toxicité pulmonaire induite par la carmustine a été rapportée avec une fréquence allant jusqu’à
30 %. Les manifestations précoces surviennent généralement dans les 3 ans de traitement et sont caractérisées par des infiltrats et/ou une fibrose pulmonaire ; des cas d’évolution fatale ont été rapportés. Des cas de fibrose pulmonaire retardée survenant jusque 17 ans après le traitement ont également été rapportés.
Ces troubles surviennent quel que soit l’âge des patients.
La toxicité pulmonaire est dose-dépendante, des doses cumulatives totales comprises entre 1200 et 1500 mg/m2 étant associées à un risque accru de fibrose pulmonaire.
Les facteurs de risque incluent le tabagisme, l’existence d’une pathologie respiratoire, des anomalies radiologiques préexistantes, une irradiation thoracique séquentielle ou concomitante et l’association avec d’autres facteurs entraînant des troubles pulmonaires.
Les patients présentant une capacité vitale ou une capacité de diffusion du monoxyde de carbone inférieure de 70 % aux valeurs théoriques sont particulièrement à risque.
Une surveillance pulmonaire particulière pourra être envisagée.
La toxicité pulmonaire se manifeste également par une pneumopathie inflammatoire et une pneumopathie interstitielle au cours de l’expérience post-commercialisation.
Troubles hépatiques :
Lors de l'administration de fortes doses de BICNU, rares élévations transitoires des transaminases, des phosphatases alcalines et de la bilirubine.
Troubles rénaux :
Altérations rénales (diminution du volume rénal, azotémie, insuffisance rénale) après des doses élevées et prolongées. Ces altérations ont aussi été notées chez les malades recevant des doses plus faibles.
Troubles cardiovasculaires :
• Hypotension, tachycardie.
Egalement notés :
• Brûlures sur le trajet veineux.
• Des perfusions rapides peuvent entraîner des rougeurs de la peau intenses et une suffusion de la
• conjonctive dans les 2 heures et durant environ 4 heures.
• Aménorrhée, azoospermie.
• Quelques cas de neurorétinite, douleur thoracique, céphalées, réactions allergiques ont été rapportés.
Réaction au point d'injection :
Une toxicité locale des tissus mous consécutive à l'extravasation de BICNU a été rapportée. L'infiltration de BICNU peut entraîner gonflement, douleur, érythème, sensation de brûlure et exceptionnellement nécrose de la peau.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr/.
Surdosage
Sans objet.