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Vitamine C : un essai suggère moins de décès dans une pré-leucémie
L'essai EVITA, mené au Danemark et aux États-Unis, associe 1 g de vitamine C par jour à moins de complications dans des troubles sanguins précancéreux. À confirmer.
Une simple vitamine pourrait-elle aider des patients atteints de troubles sanguins proches de la leucémie ? Un essai clinique publié en septembre 2026 dans la revue Cancer, de la Société américaine du cancer, apporte des premiers signaux encourageants, mais encore préliminaires.
De quelles maladies parle-t-on ?
L'essai EVITA concernait deux situations. La première est la cytopénie clonale de signification indéterminée : une baisse durable d'une ou plusieurs familles de cellules du sang, liée à des cellules de la moelle osseuse porteuses de mutations, sans être un cancer. La seconde regroupe des cancers myéloïdes de faible risque, comme certains syndromes myélodysplasiques, des maladies où la moelle osseuse fabrique mal les cellules sanguines. Ces états peuvent évoluer vers une leucémie.
Pourquoi la vitamine C ?
La vitamine C sert de « cofacteur », c'est-à-dire d'aide indispensable, à une enzyme appelée TET2. Celle-ci règle l'activité de nombreux gènes et contribue à freiner la prolifération de cellules anormales. Or beaucoup de ces patients manquent de vitamine C : plus de la moitié des participants étaient carencés au départ. La supplémentation a normalisé leurs taux.
Ce que l'essai a montré
L'essai de phase 2, randomisé et en double aveugle, a inclus 109 patients au Danemark et aux États-Unis. 55 ont pris 1 000 mg de vitamine C par voie orale chaque jour pendant un an, 54 un placebo.
• Objectif principal non atteint : la croissance des cellules anormales a été similaire dans les deux groupes. • Les marqueurs de l'inflammation ont évolué dans un sens associé à une meilleure évolution. • Anémie, pneumonie, arthrite aseptique aiguë et saignements internes ont été moins fréquents sous vitamine C. • Après un suivi médian de 33,6 mois, on comptait 11 décès dans le groupe vitamine C contre 24 sous placebo.
Prudence avant toute conclusion
Les chercheurs, du Van Andel Institute (Michigan, États-Unis) et du Rigshospitalet, l'hôpital universitaire de Copenhague, soulignent que l'écart de mortalité provient d'une analyse exploratoire, non prévue comme critère principal. Avec un effectif réduit, il peut s'agir en partie du hasard. Un essai de phase 3, plus large, est nécessaire avant toute recommandation.
L'étude a l'intérêt de tester une approche peu coûteuse et disponible partout, y compris au Maroc où la vitamine C est vendue en pharmacie. Mais elle ne justifie pas l'automédication : les patients suivis pour une maladie du sang doivent en parler à leur hématologue avant de prendre un complément, qui doit s'inscrire dans leur prise en charge.
Référence : Cancer, septembre 2026, DOI 10.1002/cncr.70549.