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Innovations et découvertes

VIH : un traitement oral une fois par semaine réussit sa phase 3

Publié dans le NEJM, l'essai ISLEND-1 montre qu'une prise orale hebdomadaire d'islatravir-lénacapavir contrôle le VIH aussi bien qu'un comprimé quotidien.

VIH : un traitement oral une fois par semaine réussit sa phase 3
NIAID — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Un comprimé par semaine au lieu d'un par jour : c'est la promesse de l'association islatravir-lénacapavir contre le VIH, le virus responsable du sida. Les résultats complets d'un grand essai de phase 3, la dernière étape avant une demande d'autorisation, ont été publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM), l'une des revues médicales les plus influentes au monde, dans son numéro du 1er octobre 2026. Le traitement n'est encore autorisé dans aucun pays.

Deux mécanismes complémentaires

Les traitements actuels du VIH, les antirétroviraux, empêchent le virus de se multiplier mais doivent en général être pris chaque jour, à vie. La nouvelle association, développée par les laboratoires Gilead et MSD (Merck), combine deux molécules à action prolongée : • l'islatravir bloque la transcriptase inverse, l'enzyme qui permet au virus de copier son matériel génétique pour l'intégrer dans nos cellules ; • le lénacapavir, déjà commercialisé dans certains pays, est un inhibiteur de la capside, la coque protectrice du virus, qu'il perturbe à plusieurs étapes de son cycle.

Des résultats équivalents au traitement quotidien

L'essai ISLEND-1, mené en double aveugle dans 12 pays, a réuni 607 adultes dont la charge virale (la quantité de virus dans le sang) était indétectable depuis au moins six mois sous Biktarvy, un comprimé quotidien associant bictégravir, emtricitabine et ténofovir alafénamide. La moitié a basculé vers islatravir 2 mg et lénacapavir 300 mg une fois par semaine ; l'autre moitié a gardé son traitement quotidien.

Après 48 semaines : • aucun patient du groupe hebdomadaire n'avait une charge virale de 50 copies/mL ou plus, contre 1 patient (0,3 %) dans le groupe quotidien ; • la charge virale restait inférieure à 50 copies/mL chez 93,4 % des patients sous traitement hebdomadaire et 92,4 % sous traitement quotidien ; • les arrêts pour effets indésirables ont été rares (2,0 % contre 1,7 %), de même que les effets indésirables graves (5,3 % contre 4,6 %).

Le nombre de lymphocytes CD4, les globules blancs que le VIH détruit, est resté stable dans les deux groupes. Ce point était surveillé de près : à des doses plus élevées, l'islatravir avait entraîné une baisse des lymphocytes lors d'essais antérieurs. Selon Gilead, les effets indésirables les plus fréquents ont été des nausées et des maux de tête, chez environ 3 % des patients.

Un second essai, ISLEND-2, a comparé le schéma hebdomadaire à différents traitements standards : 0,3 % des patients avaient une charge virale détectable, contre 1,3 % dans le groupe de comparaison. Les deux essais ont été financés par Gilead et MSD, qui comptent s'appuyer sur ces données pour leurs demandes d'autorisation.

Un enjeu d'observance, au Maroc aussi

L'intérêt principal est l'observance, c'est-à-dire la capacité à prendre son traitement sans oubli sur des années. Au Maroc, une étude publiée dans The Lancet HIV, rapportée par Le Brief en septembre, estime que les nouvelles infections sont passées d'environ 3 163 en 2013 à 874 en 2025. Elle montre aussi que 91 % des patients restent sous traitement après deux ans, mais 83,8 % après trois ans : des schémas plus simples pourraient aider à maintenir ces progrès. Toute arrivée au Maroc passerait par une autorisation de mise sur le marché délivrée par l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS).

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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