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Innovations et découvertes

Survodutide : jusqu'à 13,1 % de poids perdu chez les diabétiques

Le survodutide, injection hebdomadaire de Boehringer Ingelheim, fait perdre jusqu'à 13,1 % du poids en 76 semaines à des personnes obèses et diabétiques de type 2.

Survodutide : jusqu'à 13,1 % de poids perdu chez les diabétiques
Bill Branson, National Cancer Institute — domaine public, via Wikimedia Commons

Un nouveau médicament contre l'obésité franchit une étape importante. Le survodutide, développé par le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim, a permis à des adultes en surpoids ou obèses, également atteints de diabète de type 2, de perdre en moyenne jusqu'à 13,1 % de leur poids en un an et demi. Les résultats de l'essai SYNCHRONIZE-2 ont été présentés le 1er octobre 2026 à Milan, au congrès annuel de l'Association européenne pour l'étude du diabète (EASD), et publiés le même jour dans la revue médicale New England Journal of Medicine.

Un double mécanisme

Le survodutide s'injecte sous la peau une fois par semaine. Il agit sur deux récepteurs, c'est-à-dire deux « serrures » à la surface des cellules sur lesquelles se fixent des hormones. Le premier est celui du GLP-1, l'hormone imitée par le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) : il réduit l'appétit et aide à contrôler la glycémie, le taux de sucre dans le sang. Le second est celui du glucagon, une hormone du pancréas qui augmente la dépense d'énergie et favorise la fonte des graisses, notamment dans le foie et autour des organes.

Les résultats de l'essai

L'essai de phase 3, la dernière étape avant une demande d'autorisation, a inclus 755 adultes pendant 76 semaines. Ils recevaient 3,6 mg ou 6,0 mg de survodutide, ou un placebo (une injection sans principe actif). Principaux résultats :

• perte de poids moyenne jusqu'à 13,1 % sous survodutide, contre 3,1 % sous placebo, chez les patients ayant suivi le traitement ; • en comptant tous les participants, y compris ceux qui ont arrêté, 9,8 % (6,0 mg) et 8,2 % (3,6 mg), contre 3,9 % sous placebo ; • 79,3 % des patients traités ont perdu au moins 5 % de leur poids, contre 32,7 % sous placebo ; • l'hémoglobine glyquée (HbA1c), qui reflète la glycémie des trois derniers mois, a baissé jusqu'à 1,21 point, contre 0,03 sous placebo, à partir de 7,4 % ; • 29,5 % des patients traités sont revenus à une glycémie normale (HbA1c inférieure à 5,7 %), contre 4 % sous placebo ; • le tour de taille a diminué de 11,1 cm, contre 3,5 cm.

Une tolérance digestive à surveiller

Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs : nausées, vomissements, diarrhée et constipation, le plus souvent légers à modérés. Ils ont toutefois conduit 18 % des patients traités à arrêter le traitement, contre 1,2 % sous placebo, surtout pendant la phase d'augmentation progressive des doses. Le laboratoire indique que les prochains essais testeront une montée de dose plus souple.

Un premier essai, SYNCHRONIZE-1, mené chez des personnes obèses sans diabète, avait montré une perte de poids allant jusqu'à 16,6 %. Un essai sur le risque cardiovasculaire est attendu, ainsi que des études de phase 3 dans la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH), une inflammation du foie liée à la graisse.

Pas encore autorisé

Le survodutide, cédé sous licence par la société danoise Zealand Pharma à Boehringer Ingelheim, qui le développe dans le monde entier, n'est autorisé dans aucun pays, et aucun calendrier de dépôt de dossier n'a été annoncé. Il n'est donc pas disponible au Maroc. Il s'ajoute à une famille de traitements de l'obésité en pleine expansion, qui pose aussi la question de leur coût et de leur accès.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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