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Parkinson : la FDA approuve le tavapadon, un mode d'action inédit
Premier agoniste sélectif des récepteurs D1/D5, le tavapadon (Juvmo) est approuvé aux États-Unis contre la maladie de Parkinson. Résultats et précautions.
Une nouvelle option arrive contre la maladie de Parkinson. Le 28 septembre 2026, la Food and Drug Administration (FDA), l'autorité américaine du médicament, a approuvé le tavapadon, commercialisé par le laboratoire AbbVie sous le nom de Juvmo, chez l'adulte atteint de cette maladie. Sa particularité : un mode d'action différent de celui des traitements existants.
Une maladie liée au manque de dopamine
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative : certains neurones du cerveau meurent progressivement, en particulier ceux qui produisent la dopamine, un messager chimique indispensable au contrôle des mouvements. Il en résulte lenteur, raideur et tremblements. Plus de 11 millions de personnes vivent avec cette maladie dans le monde, selon AbbVie.
Les traitements actuels visent à compenser ce manque : la lévodopa, que le cerveau transforme en dopamine, et les agonistes dopaminergiques, des molécules qui imitent la dopamine, agissent surtout sur les récepteurs dits D2 et D3. Le tavapadon est le premier agoniste sélectif des récepteurs D1 et D5, une autre famille de « serrures » cellulaires sur lesquelles agit la dopamine.
Des résultats dans trois essais de phase 3
L'autorisation repose sur le programme TEMPO, dont trois essais de phase 3 (dernière étape avant l'autorisation) ont été évalués après 26 semaines de traitement. L'efficacité était mesurée par l'échelle MDS-UPDRS, qui note les gestes du quotidien et la motricité : plus le score baisse, mieux le patient se porte.
• TEMPO-1, maladie débutante, sans lévodopa : le score combiné (parties II et III) a baissé de 9,7 points avec 5 mg et de 10,2 points avec 15 mg, contre une hausse de 1,8 point sous placebo. • TEMPO-2, maladie débutante, dose ajustable de 5 à 15 mg : baisse de 10,3 points, contre 1,2 point sous placebo. • TEMPO-3, en complément de la lévodopa : le temps quotidien en phase « on », c'est-à-dire bien contrôlé sans mouvements involontaires gênants, a augmenté de 1,7 heure, contre 0,6 heure sous placebo.
Posologie et précautions
Le tavapadon se prend par voie orale, une fois par jour, en comprimés de 5, 10 ou 15 mg, après une phase de mise en route à doses progressives. Il peut être associé ou non à la lévodopa.
Les effets indésirables les plus fréquents, généralement légers à modérés, sont des nausées, maux de tête, vertiges, une fatigue, une altération du goût, des vomissements, une bouche sèche et de l'anxiété. Associé à la lévodopa, il expose aussi à des mouvements involontaires (dyskinésies), des hallucinations et une hypotension orthostatique, c'est-à-dire une chute de tension au passage en position debout. AbbVie mentionne aussi le risque de pulsions inhabituelles, comme le jeu pathologique ou des comportements compulsifs, déjà connu avec d'autres médicaments dopaminergiques : un point de vigilance utile au comptoir, car ces troubles ne sont pas toujours signalés spontanément.
Quelles perspectives ?
Comme les autres traitements actuels, le tavapadon agit sur les symptômes et ne guérit pas la maladie. Sa commercialisation aux États-Unis est annoncée pour octobre 2026. Pour l'instant, l'autorisation concerne ce seul pays : une arrivée au Maroc supposerait une autorisation de mise sur le marché délivrée par l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS).