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Science

Orforglipron : le GLP-1 en comprimé rassure sur le cœur (ACHIEVE-4)

Dans l'essai ACHIEVE-4 publié dans The Lancet, l'orforglipron (Foundayo), un GLP-1 en comprimé, n'augmente pas le risque cardiaque et fait mieux que l'insuline.

Orforglipron : le GLP-1 en comprimé rassure sur le cœur (ACHIEVE-4)
Jovan.gec — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Un médicament du diabète doit prouver qu'il ne met pas le cœur en danger. C'est ce que vient de faire l'orforglipron, vendu sous le nom de Foundayo par le laboratoire américain Eli Lilly. Dans l'essai ACHIEVE-4, présenté au congrès européen du diabète (EASD) à Milan et publié dans la revue The Lancet, ce comprimé a été comparé pendant au moins un an à l'insuline glargine chez 2 749 adultes atteints de diabète de type 2 et à risque cardiovasculaire élevé, dans 16 pays.

Un GLP-1 sous forme de simple comprimé

L'orforglipron appartient à la famille des agonistes du GLP-1. Le GLP-1 est une hormone produite par l'intestin après le repas : elle stimule la sécrétion d'insuline, ralentit la vidange de l'estomac et diminue l'appétit. Les médicaments de cette famille, comme le sémaglutide, sont surtout des injections.

La particularité de l'orforglipron est d'être une petite molécule chimique, et non une protéine. Il se prend donc en comprimé, une fois par jour. Dans l'essai, la dose démarrait à 0,8 mg et augmentait toutes les quatre semaines, jusqu'à 17,2 mg par jour au maximum.

Le critère principal atteint

Le critère principal était le « MACE-4 », c'est-à-dire la survenue d'un des quatre accidents graves suivants : décès d'origine cardiovasculaire, infarctus, accident vasculaire cérébral ou hospitalisation pour angine de poitrine instable. Il s'agissait de montrer la non-infériorité, autrement dit que le médicament ne fait pas moins bien que l'insuline sur ce plan.

C'est le cas : le risque est inférieur de 16 % avec l'orforglipron (rapport de risque de 0,84), sans que cette différence soit statistiquement significative. Sur les trois accidents les plus graves (MACE-3), la baisse est de 23 %, là encore non significative.

Les analyses prévues à l'avance montrent aussi 53 % de décès cardiovasculaires et 57 % de décès toutes causes en moins qu'avec l'insuline. Lilly précise toutefois que ces résultats n'ont pas été corrigés pour les comparaisons multiples : ce sont des pistes prometteuses, pas des preuves définitives.

Glycémie et poids nettement améliorés

Au bout de 52 semaines, l'HbA1c, le taux de sucre moyen dans le sang sur trois mois, a baissé de 1,6 point avec l'orforglipron, contre 1,0 point avec l'insuline. Le poids a diminué de 8,8 % (8,1 kg), alors que les patients sous insuline ont pris 1,7 % (1,4 kg). Dans la même analyse, 54,6 % des patients sous orforglipron avaient une HbA1c inférieure ou égale à 6,5 %, contre 23,8 % sous insuline.

Tolérance et statut

Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs : nausées, vomissements, diarrhée, constipation et baisse d'appétit. Ils ont conduit 10,6 % des patients à arrêter le traitement. Les mises en garde sont celles de la famille des GLP-1, notamment le risque de pancréatite et d'atteinte de la vésicule biliaire.

Foundayo est autorisé aux États-Unis depuis le 1er avril 2026, mais seulement pour la perte de poids, chez les adultes obèses ou en surpoids ayant au moins un problème de santé lié au poids. Il n'est pas encore autorisé dans le diabète de type 2 : ACHIEVE-4 complète le dossier en ce sens. Aucune information officielle n'est disponible à ce stade sur une mise sur le marché au Maroc.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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