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Innovations et découvertes

Maladie de Verneuil : l'EMA recommande un comprimé, le povorcitinib

L'Agence européenne du médicament recommande le povorcitinib (Povofortay, Incyte), premier comprimé quotidien contre la maladie de Verneuil après échec des anti-TNF.

Maladie de Verneuil : l'EMA recommande un comprimé, le povorcitinib
Jenny Giang, Marc A. J. Seelen, Martijn B. A. van Doorn, Robert Rissmann, Errol P. Prens et Jeffrey Damman — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Les personnes atteintes de la maladie de Verneuil pourraient bientôt disposer, en Europe, d'un traitement en comprimé. Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'Agence européenne des médicaments (EMA), l'instance qui évalue les nouveaux médicaments pour l'Union européenne, a rendu un avis favorable au povorcitinib, nom commercial Povofortay, lors de sa réunion du 14 au 17 septembre 2026. Ce médicament est développé par le laboratoire américain Incyte.

Une maladie de peau douloureuse et méconnue

La maladie de Verneuil, ou hidradénite suppurée, est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle provoque des nodules douloureux, des abcès et des galeries sous la peau qui laissent s'écouler du pus, surtout dans les plis : aisselles, aine, fesses. Elle évolue par poussées et peut fortement altérer la vie quotidienne, à cause de la douleur, des odeurs et des cicatrices.

Les formes modérées à sévères sont souvent traitées par des anti-TNF, des médicaments biologiques injectables qui bloquent une molécule de l'inflammation, le TNF. Mais tous les patients n'y répondent pas.

Un comprimé qui freine l'inflammation

Le povorcitinib est un inhibiteur de JAK1. Les JAK sont des enzymes situées à l'intérieur des cellules qui relaient les signaux de plusieurs messagers de l'inflammation, les cytokines. En bloquant JAK1, le médicament freine notamment les signaux de l'interleukine 6 (IL-6), de l'IL-2 et de l'IL-22.

L'avis concerne les adultes atteints d'une forme active, modérée à sévère, qui ont mal répondu aux anti-TNF, ne les tolèrent pas ou ne peuvent pas les recevoir. Selon l'EMA, ce serait le premier traitement oral quotidien pour ces patients. Il se présente en comprimés de 45 mg et de 75 mg.

Les résultats des essais STOP-HS

L'efficacité a été évaluée dans deux essais de phase 3, STOP-HS1 et STOP-HS2. Le critère principal était le HiSCR50 à 12 semaines, c'est-à-dire une baisse d'au moins 50 % du nombre de lésions inflammatoires sans aggravation des abcès ni des galeries. Il a été atteint par : • dans STOP-HS1, 40,2 % des patients sous 45 mg et 40,6 % sous 75 mg, contre 29,7 % sous placebo ; • dans STOP-HS2, 42,3 % des patients avec chacune des deux doses, contre 28,6 % sous placebo.

Selon le résumé de l'avis rapporté par la presse spécialisée, le traitement a réduit le nombre de lésions et la douleur, y compris chez les patients déjà traités par anti-TNF. Les effets indésirables les plus fréquents cités sont les infections des voies respiratoires hautes, les folliculites, c'est-à-dire des inflammations de la racine des poils, et les infections urinaires.

Prochaine étape : la Commission européenne

L'avis du CHMP n'est pas encore une autorisation. La décision finale revient à la Commission européenne, qui suit en général l'avis du comité dans les semaines suivantes. Les résultats montrent aussi une limite : une partie des patients sous placebo s'améliore, et environ six patients traités sur dix n'atteignent pas le critère principal à 12 semaines.

Cet avis ne vaut que pour l'Union européenne. Au Maroc, une commercialisation nécessiterait une autorisation de mise sur le marché délivrée par l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS).

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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