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Réglementation

Droit de substitution au Maroc : la FIP ouvre la voie au pharmacien

La Fédération internationale pharmaceutique fait du choix du médicament un acte clinique du pharmacien. Le Maroc a tous les atouts pour adopter le droit de substitution.

Droit de substitution au Maroc : la FIP ouvre la voie au pharmacien
The U.S. Food and Drug Administration — domaine public, via Wikimedia Commons

Le 3 septembre 2026, la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) a adopté une nouvelle déclaration de politique consacrée au choix du produit pharmaceutique. Elle remplace le texte de 2018 et affirme un principe fort : sélectionner la spécialité délivrée est une responsabilité clinique du pharmacien, pas un simple geste logistique.

Le texte couvre la substitution générique et l'échange thérapeutique, « là où la législation nationale le permet ». Il prend en compte l'arrivée des biosimilaires, la gestion des ruptures d'approvisionnement, les outils numériques et la soutenabilité des dépenses de santé. La FIP invite les États à se doter de cadres légaux clairs, de règles de remboursement cohérentes et d'investissements dans la formation.

Et au Maroc ?

Le sujet est déjà bien avancé dans le débat public. La profession réclame le droit de substitution, notamment pour mieux gérer les ruptures, et le Conseil de la concurrence s'est prononcé en sa faveur en proposant des garde-fous précis : vérification de l'équivalence, mention « non substituable » réservée au médecin, mise en place progressive. Aujourd'hui, la délivrance reste liée au nom commercial inscrit sur l'ordonnance : c'est la prochaine étape à franchir.

Le Maroc a tous les atouts pour l'intégrer

Le terrain est prêt. Les génériques représentaient déjà environ 43 % du marché privé en volume en 2021, et l'industrie pharmaceutique nationale est solide. L'Assurance maladie obligatoire (AMO) rembourse déjà un princeps sur la base du prix du générique lorsqu'il existe : la logique de la substitution est donc déjà inscrite dans le remboursement.

Pour passer à l'acte, il faudra un texte qui l'autorise, une liste officielle des groupes génériques publiée par l'AMMPS, des règles adaptées pour les médicaments à marge thérapeutique étroite et les biosimilaires, et un dialogue constructif avec le corps médical. Autant de chantiers à portée de main.

Pour le patient, l'intérêt est concret : lorsqu'il reçoit un princeps plus cher que le générique de référence, c'est lui qui paie la différence, et la substitution réduirait directement ce reste à charge. En cas de rupture d'une marque, le pharmacien pourrait aussi délivrer immédiatement un équivalent, sans renvoyer le patient chez son médecin. Avec une mention « non substituable » et une traçabilité rigoureuse, la sécurité resterait pleinement garantie.

Sources

La rédaction d'Officinarium.

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