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Cancer du sein avancé : le giredestrant retarde la progression
Le giredestrant, comprimé de Roche associé à l'évérolimus, retarde l'aggravation du cancer du sein hormonodépendant avancé, selon l'essai evERA (NEJM).
En plein mois d'Octobre Rose, consacré à la sensibilisation au cancer du sein, une nouvelle option se profile pour les femmes dont la maladie est avancée. Le giredestrant, un comprimé développé par le laboratoire suisse Roche, a nettement retardé l'aggravation de la maladie dans un essai de phase 3, la dernière étape avant une demande d'autorisation. Les résultats détaillés de cet essai, baptisé evERA, ont été publiés le 1er octobre 2026 dans le New England Journal of Medicine, l'une des revues médicales les plus lues au monde.
Quelles patientes sont concernées ?
L'essai porte sur la forme la plus fréquente de cancer du sein, dite « hormonodépendante » : les cellules tumorales portent des récepteurs aux œstrogènes, les hormones féminines, qui stimulent leur croissance. Cette forme, sans surexpression de la protéine HER2, représente environ 70 % des cas dans le monde, selon Roche.
Les participantes avaient un cancer localement avancé ou métastatique, c'est-à-dire étendu à d'autres organes, qui avait progressé malgré une hormonothérapie associée à un inhibiteur de CDK4/6, un traitement de référence qui freine la division des cellules cancéreuses.
Comment agit le giredestrant ?
Le giredestrant appartient à la famille des SERD oraux, des « dégradeurs sélectifs du récepteur des œstrogènes ». Il bloque ce récepteur et provoque sa destruction, ce qui prive la tumeur de son carburant hormonal. Il est ici associé à l'évérolimus, un médicament déjà utilisé qui bloque une autre voie de croissance des cellules, appelée mTOR.
Les résultats
L'association giredestrant et évérolimus a été comparée à une hormonothérapie standard associée à l'évérolimus. Principaux résultats :
• chez l'ensemble des patientes, la survie sans progression médiane, c'est-à-dire la durée pendant laquelle la maladie ne s'aggrave pas, passe de 5,5 à 8,8 mois, soit une baisse de 44 % du risque de progression ou de décès ; • chez les patientes porteuses d'une mutation du gène ESR1, elle passe de 5,5 à 10 mois, soit une baisse de 62 % de ce risque.
La mutation ESR1, présente chez jusqu'à 40 % des patientes à ce stade selon Roche, modifie le récepteur des œstrogènes et rend la tumeur résistante aux hormonothérapies classiques. Elle se recherche par une analyse génétique de la tumeur ou du sang.
Les données sur la survie globale sont encore préliminaires, mais vont dans le sens d'un bénéfice. Le laboratoire juge la tolérance « gérable » et conforme à ce que l'on connaît de chaque médicament. Il signale notamment l'absence de photopsie (perception d'éclairs lumineux) et des cas peu fréquents de bradycardie, un ralentissement du rythme cardiaque.
Prochaines étapes
Le giredestrant reste un médicament expérimental. Aux États-Unis, l'Agence américaine des médicaments (FDA) doit rendre sa décision d'ici le 18 décembre 2026 pour ce cancer avancé, et d'ici le 30 novembre 2026 pour une autre indication : le traitement après chirurgie du cancer du sein précoce, étudié dans l'essai lidERA. Il n'est autorisé dans aucun pays, et donc pas au Maroc.